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Si vous utilisez encore le grignotage comme excuse pour faire une entorse à votre régime, lisez cet article

Entre le lancement cette année de la première salle de sport cannabis au monde à San Francisco et les estimations non-officielles selon lesquelles 60% des athlètes professionnels de la NFL et de la NBA fument de l’herbe, nous ne pouvons pas nier que nous entrons dans une nouvelle ère des drogués.

Même si le stéréotype du drogué est peut-être en train de changer, nous sommes prêts à parier que des personnes croient toujours aux vieux mythes sur l’utilisation de la marijuana, en particulier parce que l’herbe n’affecte pas de la même façon les hommes en forme et le Jeff Spicoli moyen.

Voici six mythes sur la drogue que vous devez arrêter de croire.

1 – Mythe : vous aurez envie de grignoter et vous ruinerez votre régime alimentaire

Toute personne qui s’est déjà droguée s’est rendue compte à quel point la pizza et les céréales (en gros, tout ce que votre cerveau ignore quand il est sobre) deviennent soudainement délicieux. Pourquoi ? Les chercheurs de Yale ont démontré que la marijuana activait les neurones qui vous aident à stopper les petits creux. A cause de la marijuana, ces neurones vous donnent envie de manger. C’est comme si vous appuyiez sur l’accélérateur au lieu d’appuyer sur le frein.

Cependant, différentes souches de cannabis ont des effets différents sur ces neurones. « Le THC peut augmenter l’appétit, mais le cannabidiol aide au métabolisme des glucides et à la fonction métabolique en atténuant et en limitant les petits creux. Ils travaillent de façon synergique, déclare Junella Chin, médecin à New York et en Californie spécialisée dans le cannabis médical et en médecine ostéopathique et neuromusculaire. Avoir une formule équilibrée en THC:CBD, ou principalement en CBD, peut aider à minimiser le grignotage ».

De plus, en tant qu’athlète habitué à la douleur, vous ne perdrez pas soudainement votre volonté d’acier. « Quand une personne est plus motivée, comme c’est le cas pour un athlète, elle est plus encline à prendre de meilleures décisions alimentaires lorsqu’elle est sous l’effet de la drogue », ajoute Josh Axe, docteur en médecine naturelle, spécialiste certifié en nutrition et co-fondateur de Ancient Nutrition. Une étude publiée dans l’American Journal of Medicine a démontré que les consommateurs de marijuana avaient un IMC plus faible que leurs homologues qui ne se droguent pas.

2 – Mythe : vous pouvez en consommer autant que votre ami

« Chaque foie ne décompose pas le cannabis de la même façon, ne l’absorbe et ne le distribue pas aussi rapidement dans le reste du corps, y compris dans le cerveau », déclare Chin. Le cannabis est lipophile, ce qui signifie qu’il est stocké dans les cellules graisseuses de votre corps.

Les personnes plus minces et plus athlétiques le métabolisent différemment car elles ont moins de matière grasse. « Mes patients athlétiques disent souvent qu’ils ont besoin de micro-doses à cause de la façon dont ils métabolisent les cannabinoïdes », ajoute-t-elle.

3 – Mythe : fumer vous clouera au canapé

Vous droguer vous réduira probablement au stéréotype du gars qui fixe le plafond pendant des heures et que ça amuse. Cependant, une dose saine ne vous rendra pas nonchalant parce que, eh bien, vous êtes toujours vous-même.

« Pour de nombreux athlètes motivés de Type A, la consommation de marijuana n’aura pas un grand impact sur leur tempérament général », déclare Axe. Les cannabinoïdes contenus dans la marijuana (les composés chimiques que l’on trouve dans la fleur) peuvent aider à détendre le corps et à diminuer votre réponse nerveuse sympathique. C’est pourquoi l’herbe peut vous aider à vous détendre, mais votre nature athlétique naturelle vous gardera productif.

4 – Mythe : la marijuana n’a pas d’avantages pour les hommes en forme à part vous défoncer

« Il existe une population saine et active, comme les athlètes, qui consomme du cannabis pour aider à la relaxation et au sommeil post-exercice, pour réduire les spasmes musculaires, pour soulager une douleur, pour augmenter l’oxygénation des tissus et des ligaments et pour agir comme neuro-protecteur dans les sports de contact afin de traiter les commotions cérébrales et les blessures crâniennes », explique Chin.

Ses patients consomment des souches spéciales pour rester concentrés lors des entraînements mais aussi pour faire abstraction du bruit lors de la méditation.

Ne négligez pas les avantages de la relaxation que vous obtenez en vous droguant quand vous êtes en forme. « Beaucoup d’athlètes ont vraiment de forts taux de cortisol et d’hormones comme l’adrénaline ainsi qu’une réponse augmentée de leur système nerveux sympathique. Tout cela peut contribuer au fait qu’ils restent tendus, explique Axe. L’huile de CBD ou le cannabis qui a un bon équilibre entre CBD et THC peuvent aider à diminuer la réponse sympathique, ce qui aide votre corps et votre esprit à se calmer et améliore la relaxation, ce qui, au final, aide les athlètes à mieux récupérer ».

5 – Mythe : la marijuana est une drogue qui améliore les performances

Même s’il y a très peu de données sur la façon dont la marijuana affecte les athlètes, nous savons que le THC n’améliore pas les performances aérobies. Selon une nouvelle analyse d’études liées au cannabis et à la performance sportive publiée dans le Journal of Science and Medicine in Sport, le THC diminue la force et la capacité à travailler avec des poids lourds.

Ce n’est pas une bonne nouvelle pour ceux qui espéraient avoir une meilleure séance d’entraînements en étant drogués, mais ça met des bâtons dans les roues de la NFL et de la NBA qui déclarent que l’herbe devrait être interdite car ce serait une drogue qui améliorerait les performances.

6 – Mythe : contrairement aux cigarettes, fumer de l’herbe est sans risque pour votre santé

Pour information, la marijuana est sans danger pour la santé. Certainement bien plus que de fumer du tabac, affirme Jordan Tishler, interne à Harvard et spécialiste du cannabis thérapeuthique. Même si la fumée de marijuana contient un certain nombre de substances cancérigènes, des recherches ont démontré qu’elle n’augmentait pas votre risque de développer un cancer du poumon comme le fait le tabac.

Cependant, même si la drogue est sans danger, la fumer représente un seul et unique risque potentiel : des études laissent à penser que fumer de l’herbe sur le long terme pourrait augmenter vos risques de développer des bronchites chroniques, déclare Tishler. Il fait malgré tout rapidement remarquer que c’est le seul risque dont les études ont démontré qu’il était associé avec le fait de fumer du cannabis chez les adultes et qu’il est réversible. (Les études sur les adolescents sont une autre histoire.)

Puisque fumer est la façon la moins saine d’ingérer quelque chose qui, sinon, est sans danger, Tishler recommande plutôt de vapoter la fleur. « Vapoter diminue le risque de fumer, mais les huiles que la plupart des gens vapotent peuvent contenir des solvants résiduels à cause du procédé d’extraction et les cartouches contiennent des produits chimiques dangereux, explique-t-il. Les produits comestibles sont problématiques car vous avez moins de contrôle sur la dose et sur l’historique d’activation ».

Par Rachael Schultz / Traduit par Mélanie Geffroy