Docteur en endocrinologie et expert en nutrition, Claude Chauchard a mis au point son propre programme minceur. nom de code : « chrono-géno-nutrition », ou l’art de manger les bons aliments, au bon moment de la journée et selon ses gènes. explications.

Perdre du poids rapidement, naturellement et durablement grâce à une alimentation adaptée à ses besoins physiologiques. Telle est la promesse de la « chrono-géno-nutrition », une méthode fondée par le docteur Claude Chauchard (site : chrono-geno-nutrition. aujourdhui.com). Pour ce spécialiste de la nutrition, il ne suffirait pas de moins manger pour maigrir. Tout résiderait dans le « bien manger ». Autrement dit, apporter les bons aliments, à la bonne heure, tout en tenant compte du génotype de chacun. Une cure d’amaigrissement, mais aussi – et surtout – de bien- être reposant sur quatre mots clés : chrono-nutrition, géno-nutrition, détox et index glycémique.

LA CHRONO-NUTRITION
Oubliez le «moins gras, moins sucré, moins salé». Pour rester en forme, il suffirait d’adapter notre alimentation à notre horloge biologique. Le principe est simple : manger les différentes familles d’aliments (protides, lipides, glucides, vitamines et minéraux) en suivant le rythme des sécrétions de nos hormones. Voilà ce qu’est la chrono-nutrition. «Trois hormones ont une influence sur la prise alimentaire et l’utilisation des nutriments au fil de la journée : le cortisol, l’insuline et l’hormone de croissance, détaille le spécialiste. En fonction de l’heure à laquelle les aliments sont absorbés, ils sont soit brûlés, soit stockés. » Selon les préceptes de la chrono-nutrition, notre alimentation devrait donc suivre le rythme de ces sécrétions d’hormones afin d’optimiser l’assimilation des aliments : le matin vers 7 heures, le midi entre 12 et 13 heures, un petit pic vers 16-17 heures, et encore un pic le soir vers 20 heures. Ainsi, un régime alimentaire adapté (voir encadré) en fonction de ces quatre moments clés de la journée permettrait un bon équilibre pour une perte de poids pérenne et une stabilisation assurée. « La première règle de la chrono- nutrition est donc de faire quatre repas par jour bien équilibrés pour ne pas dérégler le métabolisme et risquer de grossir», assure Claude Chauchard. Le tout, en suivant le célèbre adage bien connu des nutritionnistes : manger comme un roi le matin, comme un prince le midi et comme un pauvre le soir.

LA GÉNO-NUTRITION
Il s’agit de manger selon ses gènes pour éviter toute intolérance alimentaire. Seulement voilà, pour véritablement connaître son génotype et mettre en place un régime alimentaire adapté, il faudrait réaliser des tests génétiques en laboratoire. Trop coûteux. La méthode de Claude Chauchard se base donc sur une donnée à la portée de tous : le groupe sanguin. L’idée ? Se nourrir en fonction de sa propre nature. Un bon indice, selon lui, pour savoir quel aliment convient à tel ou tel individu. «Nous savons comment les aliments se comportent en fonction des quatre types de groupes sanguins: O, A, B ou AB, détaille-t-il. Certains types d’aliments sont plutôt A, alors que d’autres sont B, O ou AB. Pour bien assimiler son alimentation, il faudrait donc manger différemment selon son groupe sanguin.» Chaque organisme possède en effet des outils pour absorber tel ou tel produit, telle ou telle famille d’aliments. Sans ces outils métaboliques adaptés, il peut y avoir des réactions antigéniques et des intolérances alimentaires. Ainsi, selon les spécialistes de la géno-nutrition, les individus du groupe O devraient avoir une alimentation riche en protéines animales, tout en évitant les laitages, les céréales et le gluten. Ils recommandent par ailleurs un régime alimentaire végétarien aux individus du groupe A, qui supportent mal les viandes et laitages. Quant au groupe B, il est le seul auquel on autorise la consommation d’une grande variété de laitages.

LA DÉTOXIFICATION DU CORPS
« Parce que les toxines aggravent la prise de poids, et le plus souvent aux mauvais endroits», rappelle le spécialiste. Et pour cause, nous n’avons pas un, mais quatre types de tissus adipeux dans notre organisme : la graisse thermique, la graisse de stockage, la graisse sexuelle et la graisse toxique. C’est justement cette dernière que la chrono-géno-nutrition entend éliminer. Il s’agit d’une graisse produite à partir de toxines issues de notre environnement ou de notre alimentation : bactéries, virus, tabac, alcool, additifs, colorants… «Lorsque l’on surcharge notre foie, il se protège (et nous protège) en isolant ces toxines. Il les enrobe d’une molécule de graisse et les envoie vers les “zones poubelles” de notre corps, ces régions qui déforment notre silhouette : ventre, hanches, fesses, bras…» Les toxines ne sont donc pas éliminées, mais stockées en attendant des jours meilleurs. Pour s’en débarrasser, le moyen le plus efficace reste encore la fameuse cure de détoxification.
« Je propose donc de faire de temps en temps des diètes de 18 heures pour apporter le moins de toxines possibles à l’organisme, poursuit Claude Chauchard. On arrête de manger à 16heures, jusqu’au lendemain midi, avec seulement un jus de légumes pressés (carotte, concombre, céleri…) le soir. Cela permet de soulager le foie de sa fonction de détoxification et d’éliminer cette graisse toxique. C’est de la chrono-géno-détox ! »

L’INDEX GLYCÉMIQUE DES ALIMENTS
Quatrième et dernier pilier de la méthode : privilégier les aliments à index glycémique bas. Anciennement connu sous les termes
« sucres lents » et « sucres rapides », l’index glycémique est une unité de mesure (comprise entre 0 et 100) qui évalue la capacité d’un aliment à faire monter la glycémie (le taux de sucre dans le sang), et donc la production d’insuline. Or plus l’assimilation des sucres est rapide, plus la montée de l’insuline est forte et plus le risque de prendre du poids est élevé. « C’est pourquoi vous devez privilégier les aliments à index glycémique bas (inférieur à 40), consommer avec modération ceux qui présentent un index moyen (entre 40 et 50) et proscrire totalement les aliments à index élevé (plus de 50)», précise-t-il.
D’autant que le sucre n’ayant pas réussi à pénétrer dans la cellule va retourner vers le foie. Il sera alors transformé en graisse et stocké un peu partout dans le corps. « C’est ce qu’on appelle la graisse de stockage, poursuit Claude Chauchard. Uniquement en privilégiant les aliments à index glycémique bas, on va mobiliser ce type de graisse. »

POUR QUELS RÉSULTATS ?
Un kilo par semaine, quatre par mois. Le tout, sans aucune frustration. C’est en tout cas ce que promet le nutritionniste. «Je préconise un amaigrissement rapide, car la motivation principale reste le résultat sur la balance. Mais au-delà de cette simple perte du poids, on est surtout sur du bien-être, de la “chrono- géno-longévité”, puisque l’on optimise les fonctions digestives et métaboliques de votre corps. Les quatre piliers de ma méthode ont tous un sens et une explication intellectuelle. »

« PAS DE RÉGIME MIRACLE », SELON LE DOCTEUR PASCALE MODAÏ
Dukan, Atkins, et maintenant chrono- géno-nutrition… Régulièrement, de nouveaux programmes minceur font leur apparition au sein de la communauté des nutritionnistes et dans la presse grand public. Difficile d’y voir clair au milieu de cette jungle « antibourrelets », d’autant que, s’il y a bien un secteur où la frontière entre « miracle » et « arnaque » est mince (sans mauvais jeux de mots), c’est celui des régimes alimentaires. Il nous semblait donc indispensable de confronter le programme du docteur Claude Chauchard au regard avisé d’un autre expert en la matière, en l’occurrence le docteur Pascale Modaï, médecin nutritionniste. « Cette méthode mélange tout : la chrono- nutrition, le régime groupe sanguin et la détox. Mais, pour moi, la seule chose qui tient réellement la route dans tout ça, c’est l’index glycémique bas, lâche- t-elle. Et encore, c’est quelque chose de très difficile à mettre en pratique. » Même logique selon elle du côté de la chrono-nutrition : «Si, théoriquement, le fait de suivre le rythme des sécrétions de nos hormones peut être efficace, cela ne fonctionne pas en pratique, car chaque individu est différent. D’ailleurs, la sécrétion d’insuline ne dépend pas des heures de la journée, mais du repas qui précède. Et puis, si on n’a pas envie de manger le matin, ça ne sert à rien de se forcer ! Il faut arrêter de dire que c’est le repas le plus important de la journée. D’une manière générale, les régimes miracles n’existent pas. Pour maigrir, il n’y a pas de secret, il faut manger moins. »

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