courir
©iStock

Vous en avez marre du bitume et des courses monotones ? Voici 4 façons de courir autrement.

4 façons de courir autrement

Urban trail.

Ok, on sait ce que vous êtes en train de penser : »un trail urbain ? Paradoxal pour une course nature.. » Et pourtant, ce qui pouvait apparaître comme un non-sens il y a quelques années est aujourd’hui une vraie tendance. Exit parcours accidentés et chemins boueux, on s’est rendu compte que l’espace urbain pouvait lui aussi offrir un formidable terrain de jeu à tous les coureurs : montées d’escaliers, parcs et jardins publics, ruelles pavées… Objectif ? Découvrir de façon originale le milieu urbain et se réapproprier la ville. Ces trails d’un nouveau genre sont cependant plus courts que leurs grands frères « nature », puisqu’ils se courent généralement sur des distances comprises entre 10 et 20 kilomètres. Si le phénomène a conquis de nombreuses villes à travers tout le territoire (Éco-Trail de Paris, Tout Angers Bouge, Trail Urbain Toulousain…), le premier véritable urban trail s’est tenu à Lyon en 2007. Depuis, la cité des gones s’est autoproclamée capitale de la discipline. Organisée au mois d’avril dernier, la 6e édition a enregistré un nouveau record de participation avec près de 7 000 inscrits sur l’ensemble des parcours (12, 23 ou 36 kilomètres). Le rendez-vous attire d’ailleurs les meilleurs coureurs français, à l’instar de Julien Rancon, champion de France de trail 2011 et champion de France en titre de course en montagne, vainqueur cette l’année précédente à Lyon. Mais comment un tel puriste des courses nature s’est retrouvé à dévaler les rues d’une grande ville de France? «Par curiosité, répond-il. Je ne suis pas citadin et c’était pour moi l’occasion de voir la ville autrement. Et sincèrement, cela m’a beaucoup plu. Il y a du sentier, du plat, de la route, des changements de direction… C’est hyperludique et varié. Beaucoup plus qu’un trail classique, finalement. D’autant qu’avec ses collines, ses parcs et ses quelque 6 000 marches, la ville de Lyon s’y prête bien. » Ce qui ne serait pas forcément le cas partout, selon le spécialiste : « Avec un parcours trop plat, cela peut vite devenir monotone, précise-t-il. Pour qu’un trail urbain soit réussi, il faut à la fois une richesse topographique et culturelle. »

Conseils de pro.

Oubliez les grands dénivelés qui font l’essence même des trails classiques, l’une des principales difficultés des urban trails réside dans l’enchaînement des petits reliefs. Alors, si l’aventure vous tente, suivez les conseils de Julien Rancon pour une préparation optimale :

  • Effectuez des séances spécifiques sur escaliers quelques jours avant la course.
  • Enchaînez des montées et des descentes relativement courtes.
  • Courez sur des sols plus durs afin de renforcer vos muscles et habituer votre corps aux spécificités de la ville.

Skyrunning.

sky running
©iStock

À la fois discipline sportive et circuit de compétitions, le skyrunning a été lancé par des alpinistes italiens au début des années 90. Aujourd’hui, le porte-drapeau de la discipline n’est autre que l’Espagnol Kilian Jornet, multiple vainqueur des Skyrunning World Series. Le principe est simple : une course en montagne sur terrains techniques, mais avec une notion d’altitude. Les épreuves doivent ainsi passer au moins une fois la barre des 2 000 mètres d’altitude, avec un dénivelé minimum imposé. Voilà toute la différence avec le trail. « Sur certains passages, il est possible de s’aider de bâtons, d’une corde ou même de ses mains pour progresser », détaille Marc Villa, président de l’association Skyrunning France. Différentes tendances composent aujourd’hui le skyrunning : les Skyraces, qui sont des épreuves de 20 à 30 kilomètres, comprises entre 2000 mètres et 4000 mètres d’altitude ; le Skymarathon, qui se court sur des distances de 30 à 42 kilomètres avec un minimum de 2 000 mètres de dénivelé total ; l’Ultra-Skymarathon, de 45 à 160 kilomètres ; et enfin le célèbre kilomètre vertical, ou Vertical Race. Très impressionnant, il consiste à gravir 1 000 mètres de montée verticale le plus rapidement possible sur une distance ne dépassant pas 5 kilomètres. La Fédération internationale de skyrunning (ISF) organise chaque année les World Series (14 courses à travers le monde), les championnats d’Europe, tous les deux ans, les championnats du monde, tous les quatre ans, et les SkyGames, qui ont lieu chaque année olympique. À noter d’ailleurs que les prochains Mondiaux ont eu lieu cette année à Chamonix.

Conseils de pro

La discipline étant intimement liée au milieu montagnard, pas question de se lancer sans un minimum de préparation et de condition physique pour encaisser les chocs. « Il est essentiel de bien se connaître et de bien connaître la montagne, confirme Marc Villa. L’approche mentale est aussi très importante. Il faut rester lucide et concentré pour ne pas commettre d’erreur et éviter la blessure. » L’idéal : procéder par étapes, en commençant par exemple par des randonnées en montagne, histoire de se familiariser avec l’environnement. Les responsables de Skyrunning France ont aussi mis en place un circuit d’épreuves régionales sur des distances allant de 15 à 20 kilomètres, afin de rendre la discipline plus accessible.


Building Race.

Comme son nom l’indique, la building race consiste à gravir les escaliers d’un gratte-ciel, le plus rapidement possible. La course emblématique du genre est la Run-Up de l’Empire State Building, à New York. Tous les premiers mardis de février depuis trente-cinq ans, des centaines de sportifs un peu barrés défient ainsi les 86 étages et 1 576 marches de l’immeuble. Mais aujourd’hui, plus besoin de traverser l’Atlantique pour prendre part à une telle épreuve, la course de gratte-ciel débarque en France avec la VertiGO, qui consiste à gravir la tour First de la Défense. Au programme : 230 mètres d’ascension, 50 étages et 954 marches. «Parmi toutes ces formes de courses alternatives, la Building Race est celle où le temps d’effort est le plus court, entre 5 et 10 minutes selon le niveau, explique Benoît Laval, vice-champion de France de trail 2009 et patron de la marque Raidlight, 5e l’année dernière à Paris. C’est donc très intense, très explosif. » Autre épreuve phare du calendrier, celle de la tour 101 de Taipei (Taïwan), une course qui attire plus de 5 000 personnes chaque année. « Ce sont toujours des courses très festives, qui ne demandent pas forcément beaucoup d’entraînement, poursuit le spécialiste. Je pense donc que c’est amené à s’ouvrir au plus grand nombre dans les années à venir. »

Conseils de pro.

S’il s’agit d’un effort relativement court, attendez-vous cependant à finir les cuisses en feu ! Et encore, ce n’est pas le pire si l’on en croit ceux qui ont pris part à ce genre d’épreuve. « La véritable difficulté n’est pas musculaire, c’est le souffle, prévient Benoît Laval. On peut toujours s’y préparer en effectuant des séances de fractionné sur côtes ou escaliers quelques semaines avant la course. »


Courses à obstacles.

obstacle
©iStock

« Running is not enough » (comprenez, « courir n’est pas suffisant »). C’est le slogan du désormais incontournable Mud Day, une course de 13 kilomètres jalonnée d’obstacles inspirés des parcours du combattant. Au menu, donc : escalade d’une échelle de 4 mètres, traversée d’une étendue de boue, d’un tunnel, d’un bain de glace… Bref, que du bonheur ! Estampillé ASO (Tour de France, marathon de Paris…), ce Mud Day reprend en fait un principe qui cartonne depuis plusieurs années, celui des Frappadingues. « Il existe aujourd’hui 5 épreuves Frappadingues en France, explique Marc Devins, l’organisateur. Ce sont des parcours nature de 12 ou 13 kilomètres avec des ateliers tous les 400 mètres environ. » Fruit de l’imagination des organisateurs (pas vraiment gentils pour le coup), ces ateliers ont pour objectif de placer les participants face à leurs propres phobies : vertige, claustrophobie, peur de l’eau… « C’est un concept qui marche car nous avons révolutionné la course à pied, poursuit le responsable. On vient pour une seule chose, passer une belle journée de déconnade. C’est hyperfestif. »

Conseils de pro.

Par définition, les courses à obstacles se veulent le plus accessibles possible, mais la répétition des ateliers exige une certaine condition physique. « Le cardio sera sollicité, mais les participants feront surtout travailler les abdos et les bras. » Vous savez ce qu’il vous reste à faire…