Aujourd’hui, un beau soleil inonde peut-être le coin où vous habitez, mais le jour où j’ai rencontré Hugh Jackman à New York, les rues étaient ensevelies sous 30 centimètres de neige salie par la suie et tout était figé, y compris la circulation. Ça tombait bien car nous sommes restés enfermés pendant toute la journée dans un énorme studio du centre- ville pour y organiser une séance photo et tout le reste. J’en suis maintenant à mon quatrième entretien avec Jackman. À l’issue de ces conversations qui s’étalent sur près d’une décennie, je peux vous livrer quelques éléments dont je suis sûr.

Un : dans le milieu du cinéma, il a la réputation d’être un gentleman, un gars généreux ; je le confirme : il vous écoute, il retient votre attention, il respecte votre avis.

Deux : il a un sacré gabarit ; il mesure 1,88 mètre, soit 5 centimètres de plus que moi, mais, plus que sa taille, c’est son torse bien développé qui lui confère cette imposante stature. Aujourd’hui, dans le cadre de notre séance photo, il a passé la plus grande partie de son temps à sprinter, grimper et sauter dans le studio et il n’a pas eu besoin de griffes d’acier pour nous impressionner !

Trois : il affiche une conscience professionnelle hors du commun, une caractéristique qu’il partage avec la plupart des personnes qui réussissent brillamment et que j’ai eu l’occasion de rencontrer. Les sceptiques diront qu’il peut faire ce qu’il veut parce qu’il a de l’argent ou de la chance, ou qu’il est né sous une bonne étoile. Balivernes !

Quatre : ces trois éléments n’ont pas toujours été présents chez lui, loin de là. Je vais utiliser ici la métaphore qui s’impose et affirmer que, pour se refaire sans cesse, il faut réaliser des « tours de force hors du commun ». Cette force, Jackman la possède… Et vous ?

 le physique

hugh1Chaque fois que je me suis entretenu avec Jackman, il était engagé à fond dans un processus de transformation physique. Je crois que les gens ne comprennent pas vraiment qu’on puisse s’impliquer à ce point et qu’ils ne se rendent pas compte de la volonté qu’il faut avoir pour maintenir ce cap pendant des années.

Des films comme Real Steel (Jackman s’était à l’époque entraîné avec Sugar Ray Leonard) et Les Misérables (il avait alors perdu 14 kg, puis les avait repris) exigent une préparation sérieuse. Bien sûr, on est encore loin de la métamorphose qu’il avait dû accomplir pour jouer le rôle d’un mutant particulièrement musclé.

Voici, par exemple, ce qui s’est passé vers la fin du tournage de Wolverine. « C’était en octobre [2012]. Je commençais à lever le pied de temps à autre.

Je programmais déjà mes repas plaisir et j’avais planifié mon calendrier jusqu’à Noël. Et puis, manque de chance… » Il venait d’apprendre que X-Men : Days of Future Past devait démarrer en automne. En dépit d’un autre tournage entre-temps (le thriller méconnu Prisoners), il a dû reprendre son entraînement pour Wolverine de A à Z.

« Une fois qu’on est au top physiquement, on peut se permettre quelques écarts. Par contre, pour rattraper un seul jour de repos, il faut bosser pendant trois jours ! »

Pour Jackman, cette préparation intense fait partie intégrante de sa prestation à l’écran, même quand il n’est pas devant la caméra. Ainsi, il tient absolument à avoir trois mois devant lui pour être fin prêt s’il y a des scènes où il doit tourner nu, ce qui peut être fréquent quand il incarne Wolverine.

« Dans X-Men, il y a une scène de nu, explique-t-il, pas de face, mais on voit tout le corps. J’avais fait savoir très clairement que je voulais connaître la date de tournage de cette scène. Et je me souviens qu’environ trois semaines avant, on m’a annoncé : “On a un petit souci avec cette date, il faudra peut-être la repousser de quelques semaines. » Il laisse échapper un petit rire et poursuit.

« Je leur ai dit que c’était hors de question, qu’ils pouvaient retarder tout ce qu’ils voulaient, mais que je jouerais cette scène à la date prévue initialement et pas à une autre ! » Je me pose alors la question : Est-ce qu’il lui arrive d’interrompre ces transformations perpétuelles ? Il s’avère que la réponse n’est ni oui ni non. Théoriquement, aujourd’hui 24 février, Jackman n’est pas en train de s’entraîner pour devenir quelqu’un d’autre. Pourtant, même quand il a la possibilité de s’arrêter, il ne le fait pas, ce qui ne l’empêche pas d’y songer… « C’est intéressant. Je suis le premier étonné de voir que je n’ai aucune envie de rester à ne rien faire.

Ce matin, en plus de cette séance photo, je me suis entraîné deux fois. Je parie que, dans les cinq ou dix années qui viennent, on continuera de me demander de faire des trucs physiques. C’est tentant de se laisser aller et de faire du yoga ou de la natation ou un peu de piscine. Mais, vu que je suis mince, je perdrais alors du muscle et je sais à quel point c’est dur d’en reprendre. À propos, c’est plus dur à 45 balais que ça l’était à 30. Même maintenant, je remarque que mon poids commence à diminuer. Il faut s’entraîner dur. » Il se met à rigoler et conclut : « Ça craint ! »

 le mental

hugh 2Pour Jackman, il y a une différence très claire entre un challenge et un objectif. Un objectif est quelque chose que l’on poursuit avec acharnement et qui, de ce fait, est contraignant. Un défi peut évoluer. Exemple : pour son rôle fétiche, un acteur peut-il être en meilleure forme en 2013 que dix ans auparavant ?

Il suffit de regarder Wolverine pour avoir la réponse ! Chaque film de cette série représente pour lui un défi toujours plus ardu. Je lui demande ce qui sépare le gars qui réussit un challenge de tous ceux qui n’y arrivent pas.

« C’est une vraie question et elle m’intrigue toujours autant, répond-il. Par exemple, qu’est-ce qui fait que les Seattle Seahawks ont dominé lors de leur dernier match contre Denver ? Quelle est la démarche mentale ?

J’ai entendu dire que John Fox [le coach des Broncos de Denver] distingue deux types de pression : celle qu’on applique et celle qu’on ressent. Ils voulaient mettre la pression mais, le jour du match, ça n’a pas été le cas. Je me suis rendu compte que le facteur décisif est la préparation psychologique : tout se résume à ça. »

On est bien d’accord mais, à n’en pas douter, les Broncos s’étaient bel et bien préparés psychologiquement. Cela dit, leur jeu s’est si vite détérioré qu’on peut se demander ce qui s’est passé. Que faire alors ? « Dans la vie, on sait pertinemment que tout peut arriver, poursuit Jackman. Est-ce qu’on peut se ressaisir ?

On peut très bien louper la première prise, mais il ne faut pas que ça gâche le reste du tournage ce jour-là. » Il a adopté cette attitude notamment quand il a vraiment percé comme acteur en donnant une autre dimension à son rôle de Wolverine dans le premier X-Men, dans lequel il était affublé de favoris bien fournis.

« Je me souviens que les gars du studio m’avaient dit que je projetais autre chose que ce qu’ils avaient vu lors de ma première audition.

Quand Bryan Singer [le réalisateur] est venu me parler, je me suis dit que j’allais jouer à quitte ou double avec ma carrière car, à cet instant-là, j’ai décidé très clairement de faire ce qui me semblait juste, à savoir changer le script s’il ne me plaisait pas, changer le contenu des scènes si ça ne me convenait pas.

Mais il fallait que ça vienne de moi : de cette façon, si j’étais viré, cela ne tenait qu’à moi et non pas à ce que quelqu’un d’autre voulait. Deux ou trois jours plus tard, je me souviens avoir surpris le regard de Brian et j’ai vu qu’il se disait : “J’ai embauché le gars qui convient. »

La séance de Wolverine nouvelle version :

Si on affiche des griffes redoutables, il faut avoir des biceps à la hauteur. « Une fois par semaine, Hugh effectue une variante de ce protocole d’entrainement pour les bras! » explique David Kingsbury, son entraineur pour X-Men : Days Of Future Past.

Consignes

Regroupez le développé couché prise serrée et le curl incliné avec haltères en un superset et faites 6 reps de chaque exercice avec 60 secondes de repos entre les deux.

Objectif : 8 supersets au total. Ensuite, faites 50 dips et terminez par 50 curls avec la barre.

Tous les exercices doivent être réalisés avec une bonne technique et le minimum de repos après chacun.

 

s1Développé couché prise serrée

Avec les mains en pronation espacées d’un peu moins que la largeur des épaules, tenez la barre au-dessus du sternum, bras tendus. Comptez 4 secondes pour descendre la barre jusqu’à la poitrine.

Ensuite, remontez-la jusqu’à l’extension complète des bras.

 

 

s2 Dips

Un haltère dans chaque main, installez-vous sur le banc incliné à 45 degrés.

Fléchissez les coudes pour amener les charges aussi près des épaules que possible. Marquez un temps d’arret et revenez à la position de départ en comptant 4 secondes à chaque descente.

 

 

 

s3Curl incliné avec haltères

Agrippez les barres parallèles et montez le corps jusqu’à l’extension complète des bras. Croisez les pieds derrière vous et fléchissez lentement les bras jusqu’à ce qu’ils soient légèrement plus bas que les coudes.

Marquez un temps d’arrêt puis poussez sur les barres pour revenir à la position de départ.

 

 

Sans titreCurl avec la barre

Tenez la barre en supination, les pieds écartés à la largeur des épaules. Fléchissez l’avant- bras sur le bras (qui reste fixe) pour rapprocher au maximum la barre des épaules.

Revenez lentement à la position de départ.

 

 

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par Mike Zimmerman