Après les avoir fait rire, vous aimez bien les faire jouir. Pour optimiser vos chances (ou améliorer votre technique), nous avons enquêté sur leur orgasme : d’où vient-il ? comment se forme-t-il ? toutes les infos qui vous manquaient pour le maîtriser sur le bout des doigts… et le reste.

[box type= »info » ]Qui provoque l’orgasme ?
« L’orgasme est quelque chose de très personnel, qui n’appartient qu’à celui qui jouit », explique la sexologue Joëlle Mignot. Autrement dit : vous n’êtes pas seul responsable de la jouissance de votre partenaire. Même si son orgasme est toujours un résultat très gratifiant, il faut bien savoir qu’il ne dépend presque que d’elle. Presque, parce qu’il y a quand même un minimum d’adresse à avoir : écoute, préliminaires… On ne vous apprend rien ! Et, bien sûr, une durée raisonnable : certaines femmes ont besoin de dix à quinze minutes pour obtenir un orgasme à point de départ vaginal.[/box]

[highlight]L’orgasme, ce mystère très compliqué[/highlight]

Sans cerveau, pas d’orgasme
De mauvaises langues prétendent que l’homme pense et jouit au même endroit. En fait, c’est pure vérité – sauf que l’endroit en question n’est pas le pénis. L’orgasme naît d’une succession de réactions dans le cerveau. La stimulation des zones érogènes déclenche l’envoi de messages électro-chimiques dans la zone limbique, ce qui finit par provoquer un phénomène comparable à une crise d’épilepsie (morsure de la langue et miction en moins). Plus il y a de neurones impliqués, plus ceux-ci déchargent de neurotransmetteurs, et plus l’orgasme est fort. C’est la même chose chez la femme, à un détail près : il semble qu’une plus large partie de son cerveau soit mobilisée.

Sa jouissance à elle
Chez l’homme, je ne vous fais pas un dessin, vous avez sûrement une petite idée de ce qui se passe. Mais chez la femme… tout a l’air plus mystérieux. Durant l’excitation, l’afflux de sang augmente dans le vagin et le clitoris. Ce dernier gonfle, comme en érection. Au moment magique, votre partenaire est secouée de spasmes musculaires involontaires. Le problème, c’est que parfois ça vient, et parfois ça ne vient pas. Et pas toujours à partir du même endroit. Chez l’homme, il suffit de regarder pour comprendre comment ça marche. Mais chez la femme, cet être sournois, tout est caché.

L’orgasme clitoridien : The first One
Autrefois, on pensait qu’il y avait les clitoridiennes et les vaginales. C’était tout simple, vous tombiez sur l’une ou sur l’autre. Aujourd’hui, tout le monde se rend bien compte que la distinction n’est pas pertinente. « D’après mon expérience de médecin, je considère qu’ , développe le docteur Patrice Cudicio, sexologue et animateur du site Sexologie-magazine.com. La jouissance peut venir d’une excitation du clitoris, d’une zone vaginale profonde ou d’une zone vaginale superficielle, ces deux dernières étant la plupart du temps liées à une stimulation indirecte du clitoris. » Cette petite boule, de 0,5 à 1 cm, est parfois difficile à localiser. Cachée sous son capuchon de peau, à l’entrée du vagin, elle n’est que la partie émergée de l’iceberg. C’est aussi la plus innervée, donc la plus sensible (beaucoup plus que le gland de son confrère, le pénis). Le clitoris se prolonge profondément en deux branches, sous les grandes lèvres. Tout cela est assez éloigné du vagin, si c’est votre question. La comparaison avec le pénis vient de nos tendres origines embryonnaires, quand nous avions tous le sexe de Ken (c’est-à-dire pas de sexe, mais un vague renflement en plastique). De là, nos organes se sont différenciés, et une partie du corps caverneux, qui assure la rigidité de la verge chez l’homme, s’est transformée en clitoris chez la femme. Plutôt attendrissant, non ?

Le premier orgasme
L’orgasme clitoridien est assez mécanique, ce en quoi il ressemble un peu à l’orgasme masculin. « Il est le plus facile à obtenir, car il est le plus extérieur, explique le docteur Michèle Lachowsky, gynécologue et psychosomaticienne. Les femmes peuvent le découvrir par hasard avant le début de leur sexualité. » Demandez à votre copine comment c’est arrivé la première fois, et vous aurez quelques surprises. Exemples : « Je montais à la corde » ou « Je faisais de la gym à la barre ». Vous ne regarderez plus jamais pareil un cheval d’arçons… Le docteur Patrice Cudicio fait le compte : « Sur mon fichier de plus de 1 000 patientes, 75 % à 90 % d’entre elles connaissaient l’orgasme clitoridien, contre 30 % à 40 % pour l’orgasme à point de départ vaginal profond. »

La question à 2 Euros
Nul doute que le clito n’a pas été placé là par hasard : son but est d’être découvert et caressé. Il déclenche ainsi la lubrification et facilite la pénétration. À l’époque où nous étions tous des chimpanzés, le mâle connaissait déjà le commandement numéro un : « Si la femelle tu veux enlacer, les préliminaires tu ne dois pas zapper. » Pourtant, une question vous titille : pourquoi le clitoris est-il placé si haut, que le pénis ne le frotte quasiment jamais lors de la pénétration ? Vous n’êtes pas le seul à vous la poser ; toute femme, un jour ou l’autre, se demande ce qui a raté dans son plan de montage. D’ailleurs, Marie Bonaparte, freudienne acharnée, n’a-t-elle pas passé sa vie à se faire déplacer chirurgicalement le clitoris (trois fois, quand même), dans l’espoir d’avoir des orgasmes à la pénétration ? Aucun résultat, bien sûr.

[box type= »info » ]« L’orgasme vaginal est ressenti comme quelque chose de beaucoup plus profond, et il termine la relation sexuelle, alors que l’orgasme clitoridien peut la commencer. »[/box]

L’orgasme vagina, ce Graal
Devant l’évidence qu’il se passait quelque chose de pas catholique chez ces femmes qui jouissaient sans rapport direct avec le clitoris, l’homme de science se devait d’utiliser son organe pensant.

La quête du point G
L’éminent chercheur à l’origine de cette découverte, en 1950, est un gynécologue allemand, le docteur Ernst Gräfenberg. D’après ses observations, certaines femmes seraient dotées d’une petite boule, à quelques centimètres de l’entrée du vagin… et d’autres non. C’est un peu la faiblesse de la théorie que de considérer que seules quelques femmes ont un point G, qui leur permet de jouir pendant la pénétration, alors que les autres n’ont qu’à le remplacer par le tricot. L’année dernière, il se trouve que le point G a disparu. Une étude sérieuse du King’s College à Londres, portant sur 1 800 femmes, en est venue à l’évidente conclusion que le point G est chose subjective, et que la fameuse petite boule n’existe pas. Par la suite, certains l’ont retrouvé. Plutôt que de chercher la cause compliquée qui expliquerait l’existence d’un orgasme partant du vagin, ils ont préféré décréter que tout cela venait du clitoris. Ces fameuses branches internes, noyées sous des centimètres de chairs, pourraient devenir sensibles à la pénétration. C’est la théorie du moment. Quant aux femmes, encore plus rares, qui jouissent durant la sodomie, on vous laisse imaginer jusqu’où leur clitoris peut aller se promener… Finalement, c’est gorge profonde qui avait raison.

Clitoris ou vagin : Elles ne vivent pas la même chose
Les témoignages de femmes font apparaître une vraie différence entre ces deux orgasmes. Celles-ci décrivent l’orgasme vaginal comme plus enveloppant, plus long, et qui remonte plus haut dans le corps que l’orgasme qui part du clitoris. « L’orgasme vaginal n’est pas vécu de la même façon par les femmes, confirme le docteur Michèle Lachowsky. Il est ressenti comme quelque chose de beaucoup plus profond, et il termine la relation sexuelle, alors que l’orgasme clitoridien peut la commencer. » « Ma théorie, précise le docteur Patrice Cudicio, est que le point de départ vaginal profond se situe au niveau de l’urètre. Chez les hommes, c’est la zone d’où part l’orgasme. D’après mon expérience clinique, il en est de même pour les femmes. Le tissu constituant l’endroit du vagin en contact avec la vessie et l’urètre est un tissu spongieux, comme sur le gland masculin. Cette zone est très vascularisée, elle est sensible à l’excitation et gonfle. Cela expliquerait aussi pourquoi certaines femmes ont encore plus de plaisir quand elles ont un peu envie d’uriner. »

[box type= »info » ]Mythe
Les femmes fontaine
Aurore, 26 ans, est une femme fontaine qui ne travaille même pas dans le porno. « J’ai découvert ça, il y a un an ou deux. Je te raconte. On est à l’heure de la sieste, un samedi. Il fait un temps incroyable dehors, la fenêtre est ouverte, et la température s’emballe avec M. Ça dure depuis assez longtemps déjà. Je sens mon plaisir qui monte par vagues, pas loin de l’orgasme. Et tout à coup… plouf. Comme si je m’étais mise à mouiller énormément, d’un coup. Ce n’est pas de l’urine, ça n’a rien à voir avec l’espèce de jet qu’on voit dans les films pornos. C’est plutôt agréable et… mon copain adore ! »

L’explication
« Il existe chez de nombreuses femmes, au niveau de l’urètre postérieur, des reliquats embryonnaires de la prostate. Lors de l’excitation sexuelle, cette partie de l’urètre se remplit de sécrétions, et les contractions déclenchées par la jouissance provoquent l’expulsion du liquide. »[/box]

Le cerveau, cette machine à orgasmes
« Il ne faut pas opposer la valeur des orgasmes clitoridiens et vaginaux, rappelle le docteur Lachowsky. Les deux existent, et tout dépend de chaque femme, de la façon dont elle vit son plaisir et son désir. » Mais s’il n’y a pas un orgasme de

« winneuse » (le vaginal) et un orgasme « faute de mieux » (le clitoridien), beaucoup de femmes aimeraient bien tester l’orgasme vaginal. Et ça, ce n’est pas facile. Le vagin étant peu innervé, une stimulation mécanique est loin de suffire : tout le miracle s’opère dans la tête.

« L’orgasme à point de départ vaginal est quelque chose de très complexe. Il ne suffit pas de l’avoir décidé, analyse la psychologue et sexologue Joëlle Mignot, rédactrice en chef de la revue Sexualités humaines. Au contraire, il faut parvenir à une forme de lâcher-prise psychologique. » Ce qui signifie « se concentrer sur ses sensations », et non « chercher la meilleure pose dans le miroir au-dessus du lit ». La psychologue ajoute : « La femme vit un état assez proche de l’hypnose. Elle est totalement à l’intérieur d’elle-même, concentrée sur des liens qui se forment entre ses propres désirs et fantasmes, et les sensations qu’elle ressent. » Et le docteur Lachowsky de compléter : « C’est quelque chose qui se découvre et s’apprend. Les représentations de soi et de son propre corps sont aussi essentielles. Autrement dit, le vagin n’est pas un trou, mais un organe. Pour en prendre conscience, certaines femmes imaginent que leur vagin est un pénis retourné… »

[box type= »info » ]Mythe
Les orgasmes multiples
« Tout dépend de mon orgasme, explique Hélène, 23 ans. Si je me caresse le clitoris, je ressens comme un immense pic de plaisir. Ça monte, et ça redescend. L’avantage, c’est qu’on peut recommencer peu de temps après… Quand je jouis avec T., lorsqu’il me pénètre, je ressens un orgasme beaucoup plus long, avec plusieurs vagues. Jusqu’à quatre ou cinq fois d’affilée ! »

L’explication
« Le phénomène de dépolarisation des neurones situés au niveau limbique est variable. C’est une sorte de réaction en chaîne qui va toucher un plus ou moins grand nombre de neurones, et ce, par salves, un peu comme l’écho des montagnes. Si l’intensité du premier orgasme est importante, l’écho va diffuser plus loin, dans les vallées avoisinantes. »[/box]

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