Manger bio est devenu une considération assez courante. À tel point que des voix s’élèvent pour dénoncer un effet de mode que n’étaierait aucune preuve scientifique. Voilà qui mérite d’être démenti : manger bio est une nécessité pour contrer les effets néfastes de l’alimentation industrielle moderne. Surtout que la France est un pays particulièrement friand de pesticides. Entre 2009 et 2013, leur utilisation a augmenté de 10%…

Vitamines et minéraux en plus

Nous avons tous entendu dans notre entourage quelqu’un s’exclamer : « le bio, c’est pour les bobos ! » Ce discours facile et plutôt méprisant est parfois même tenu par des personnages médiatiques appartenant au corps médical. Le bio ne serait ni plus ni moins qu’une lubie passagère d’écologiste soixantehuitard vaguement attardé. Et pourtant…

Pourtant l’agriculture biologique fournit des garanties là où l’agriculture conventionnelle est défaillante. La faute aux intrants chimiques désormais utilisés en masse. Car il est un fait incontestable, et que toutes les études indépendantes (la précision est importante) démontrent : les aliments issus de la filière biologique comportent 30% à 40% de vitamines et minéraux en plus que les aliments issus de la filière générale. Ce gain est énorme, surtout lorsqu’on sait combien les carences alimentaires peuvent être handicapantes au quotidien. C’est notamment le cas de la carence en fer, qui est la carence la plus répandue au monde. Elle provoque d’énormes coups de fatigue de façon chronique, et peut aller jusqu’à l’anémie. Il a d’ailleurs été prouvé que les pesticides perturbaient gravement la capacité de l’organisme à fixer le fer qu’il reçoit.

Du bio oui, mais du vrai

Mais attention, il y a bio et bio ! Les industriels de l’agro-alimentaire, flairant le bon filon marketing, se sont mis depuis quelques années à produire du bio. Chaque grande surface possède désormais son espace dédié, à grand renfort de couleurs vertes et de « wording » savamment étudié. Seulement voilà, le bio qui se vend sur ces étals n’a souvent de bio que le nom. Le bio répond à une logique de protection de l’environnement. Or de nombreux aliments dits bios proviennent de cultures hors-sol dans des pays étrangers. Loin d’être idéal quand on se soucie un tant soit peu de l’empreinte carbone souvent désastreuse de notre alimentation. D’autant qu’il ne s’agit plus d’agriculture biologique réelle, puisque les nutriments qui font toute la richesse nutritive des fruits et légumes se trouvent dans les quinze premiers centimètres de la terre. D’autre part, certains pays ne permettent pas d’offrir de vraies garanties quant aux conditions de culture.

La solution ? Consommer local, auprès de petits producteurs et/ou d’AMAP ! Une démarche qui vous permettra d’apprendre à connaître un producteur, de respecter le rythme des saisons et… de faire des économies ! Convenez au passage qu’il est nettement plus appétissant de manger des oranges cultivées près de chez soi que d’en faire voyager des milliers de kilomètres durant ! En priorité, consommez fruits et légumes bio. En effet, c’est sur ce type d’aliments qu’on note le plus grand écart avec l’agriculture traditionnelle concernant les minéraux et les vitamines. De même, tentez dans la mesure du possible de choisir vos céréales complexes bio (pâtes complètes, riz complet, pain complet). Et ce pour une raison toute simple : les pesticides se fixent sur la partie externe des aliments qu’ils traitent. Or les céréales complexes ont pour particularité de conserver leur enveloppe.

Une question récurrente est celle des labels. Le consommateur a depuis peu le choix entre divers labels bios. AB ou Bio Coop, difficile de savoir faire son choix. Le label institutionnel du bio est AB (pour Agriculture Biologique). Son logo vert est désormais bien connu. Pourtant ce label, certes de bonne qualité, ne répond pas à toutes les exigences que nous sommes en droit d’attendre d’un label bio. En effet, ce label ne garantit pas l’absence d’OGM de ses produits, et n’est pas des plus stricts concernant les conditions d’élevage des animaux. Sur ces points, le label Bio Coop est bien plus performant. À privilégier donc, sans pour autant vouer le label AB aux gémonies.