Vaste question. Depuis quelques années, les défenseurs de ce breuvage brandissent l’étendard des bienfaits du vin, défiant ainsi toutes les campagnes de prévention initiées par les pouvoirs publics. Avant toute chose, il est bon de rappeler que le vin est un alcool, modéré dans sa composition certes, mais qui n’en reste pas moins un composant présent et essentiel, avec tous les risques que cela comporte (troubles comportementaux, dépendance…). La croyance populaire est alimentée par de nombreuses idées reçues que l’on pourrait qualifier de véritables « slogans publicitaires » pour le secteur viticole. Par exemple : le vin serait bon pour la santé ! Le monde scientifique s’est emparé de cette problématique, et de nombreuses études viennent étayer cette hypothèse.

Les chercheurs de l’université de Californie à Davis, par exemple, ont démontré, via un test impliquant des souris soumises à une alimentation à base d’extraits de vin rouge, que l’espérance de vie de ces dernières avait augmenté de 40 %. Cette étude, et bien d’autres, vante en effet les bienfaits des polyphénols et leurs fortes propriétés antioxydantes, en particulier la catéchine, présente également dans le thé et de nombreux fruits et légumes. La présence d’alcool permettrait d’accentuer la libération de ces composants.

Une étude relayée par le New York Times a notamment révélé que le resvératrol, un polyphénol présent dans la peau du raisin, inhiberait l’action d’agents qui favorisent la cancérisation. Concernant les incidences cardiaques, il apparaîtrait que la consommation modérée de vin (un à deux verres par jour) jouerait un rôle protecteur contre les maladies coronariennes, et notamment l’infarctus du myocarde. Selon l’étude du docteur Rimm, de l’École de santé publique de Harvard (Massachusetts), le risque de maladie cardiaque chute de 45 % à 25 % chez les sujets consommant un à deux verres de vin par jour. De nombreuses études françaises ont également été menées sur le sujet. Si la consommation modérée peut être envisagée comme un comportement sain, voire bénéfique, reste que l’ensemble de ces études pointe du doigt la dangerosité sévère d’une consommation plus importante (plus de trois verres par jour) et l’explosion des risques pour la santé qui y sont liés. La croyance populaire a longtemps vanté les mérites du fameux « régime méditerranéen », dont le vin était une composante importante ; la « boboïsation » de cette boisson, le retour de nos contemporains aux valeurs champêtres et à la bonne chère contribue largement à démocratiser un comportement qui n’en est pas moins à risque. Sachez tout de même que le régime méditerranéen – et l’image d’Épinal qui s’y accroche – reste un modèle, du fait de la présence prépondérante des fruits et des légumes. Une seule devise : modération et équilibre !

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Et en attendant la suite :
– Les clés de la dégustation
– Les 3 étapes de la dégustation
Les conseils d’un pro

 

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.