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Selon une nouvelle étude, des ingrédients contenus dans l’encre pourraient s’infiltrer dans vos ganglions lymphatiques, causer des inflammations et une exposition à long terme à des composés potentiellement toxiques

Il y a beaucoup de choses auxquelles vous devriez penser avant de vous faire tatouer : êtes-vous saoul à Vegas avec vos amis ? Allez-vous regretter ce tatouage dans 10 ans (ou même demain) ? Est-ce que le tatoueur est un artiste louche qui sent l’alcool ?

Ajoutez aussi cette raison à la liste : selon une nouvelle étude menée par l’European Synchrotron Radiation Facility, des éléments potentiellement toxiques contenus dans l’encre des tatouages peuvent s’infiltrer de façon permanente dans vos ganglions lymphatiques et causer des effets indésirables.

Dans cette étude publiée dans Scientific Reports, des chercheurs ont examiné la peau et les tissus lymphatiques de quatre cadavres tatoués (sympa comme job, non ?). Ils ont découvert que, quand on se faisait tatouer, certains composés et certains pigments voyageaient dans notre corps sous forme de microparticules et de nanoparticules.

Le problème, c’est que les pigments habituellement inoffensifs utilisés dans l’encre des tatouages contiennent des impuretés potentielles qui peuvent devenir dangereuses une fois à l’intérieur de votre corps. Par exemple, la plupart des encres de tatouage contiennent des pigments organiques ainsi que des polluants comme le nickel, le chrome, le manganèse ou le cobalt.

L’ingrédient le plus courant est le noir de carbone, suivi par le dioxyde de titane (TiO2), un pigment blanc utilisé pour créer certaines teintes. Selon une autre recherche publiée dans Radiology and Oncology, le TiO2 est considéré comme un pigment plutôt sûr (on en trouve dans les crèmes solaires et dans les dentifrices), mais certaines études ont démontré qu’il devenait dangereux en créant du stress oxydant (le processus qui ravage vos cellules et crée potentiellement des cancers), des inflammations et une réponse immunitaire similaire à une réaction allergique.

Si vous avez l’habitude des tatouages blancs, vous voyez de quoi on parle : la peau est levée et peut démanger à cause d’une cicatrisation retardée.

« On savait déjà que les pigments des tatouages s’infiltraient dans les ganglions lymphatiques : les ganglions lymphatiques se teintent avec la couleur du tatouage, déclare Bernhard Hesse, co-auteur de l’étude, lors d’une conférence de presse. C’est la réponse du corps pour nettoyer la zone du tatouage ».

Les chercheurs ont démontré que l’encre du tatouage pouvait mener à des élargissements chroniques des ganglions lymphatiques et à une exposition à vie à ces composés toxiques car ils ont trouvé des changements moléculaires au niveau des tissus ainsi que des inflammations.

« Quand une personne veut se faire tatouer, elle fait souvent très attention au choix du petit salon dans lequel les professionnels utilisent des aiguilles stériles qui n’ont jamais servi, déclare Hiram Castillo, co-auteur de l’étude, dans un communiqué de presse. Personne ne vérifie la composition chimique des couleurs, mais notre étude a démontré qu’on devrait ».

Par Brittany Smith / Traduit par Mélanie Geffroy