Vous connaissiez le cholestérol…
…Découvrez la dysfonction endothéliale, le nouvel ennemi de votre cœur et de vos artères.

PERSONNE N’AIME RECEVOIR DE LEÇONS et, pourtant, il va falloir être attentif à ce qui suit parce que nous allons parcourir ensemble votre réseau vasculaire : généralement, la circulation sanguine se fait en douceur et se régule plus ou moins automatiquement. Certes, des embouteillages peuvent survenir, mais c’est justement pour cela que vous faites vérifier votre tension artérielle et votre taux de cholestérol : même si le bilan de votre analyse est inquiétant, vous avez largement le temps de faire disparaître la congestion gênante (ou trouver un chirurgien qui s’en chargera). Ce qui fait peur, en revanche, c’est la survenue inexplicable d’un accident mortel chez certains individus qui affichaient une tension parfaite et un taux de cholestérol LDL tout à fait normal.
Les scientifiques ont un nom pour désigner ce danger de la route, invisible et sournois : la dysfonction endothéliale (DEN). Dans cette pathologie, le tissu qui tapisse l’intérieur des vaisseaux (l’endothélium) ne se dilate pas correctement, ce qui entrave le flux sanguin. « L’endothélium est pareil à une gaine en téflon qui empêche la formation de caillots dans les vaisseaux sanguins, explique Éric Thorin, chercheur spécialisé dans l’étude de l’endothélium à l’Institut de cardiologie de Montréal, mais c’est aussi le point de départ de toutes
les maladies cardio-vasculaires. » Si la DEN n’est pas traitée, les conséquences peuvent être dramatiques.
Rassurez-vous, il n’y a pas lieu de vous affoler. Avec la feuille de route que nous vous proposons, vous pourrez rouler tranquillement, même si vous rencontrez des ralentissements occasionnels.

Les signaux
On dit de bon nombre de maladies qu’elles « tuent en silence », mais la dysfonction endothéliale est semblable à un ninja qui opère dans la plus grande discrétion. Le Dr Vincent Bufalino, directeur de cardiologie au Advocate Medical Group de Chicago, explique que la DEN agit souvent dans l’ombre, en l’absence d’autres vecteurs de maladies cardiaques (taux élevé de cholestérol ou de triglycérides). Toutefois, quelques indicateurs peuvent révéler la présence de cet assassin caché.

DYSFONCTION ÉRECTILE
Un incident de ce type peut en entraîner d’autres. Précurseur des cardiopathies, la dysfonction endothéliale perturbe habituellement le flux sanguin en dessous de la ceinture. Si les artères qui assurent l’irrigation sanguine du pénis ne peuvent pas se dilater correctement, l’érection est impossible. Cela peut survenir dès la première étape de l’athérosclérose, avant même que la plaque d’athérome ne se forme dans les artères. Autre élément à prendre en compte : les artères du pénis sont beaucoup plus étroites que celles qui alimentent le cœur. Un rétrécissement même minime peut donc avoir de sérieuses répercussions.

DIABÈTE
La paroi interne de l’endothélium est tapissée de millions de cellules dont les minuscules protubérances digitiformes contrôlent le flux sanguin. Les problèmes surgissent lorsqu’un excès de glucose s’accumule sur ces senseurs et diminue leur sensibilité. Plus grave encore, une altération des fonctions de ces cellules peut priver les organes d’un élément capital, l’oxygène.

APNÉE DU SOMMEIL
Cette affection peut littéralement « couper le souffle » et provoquer une dysfonction endothéliale.
Selon une nouvelle étude réalisée en Norvège, les sujets atteints d’apnée du sommeil présentent un risque accru de DEN, qu’ils soient en surpoids ou non. Deux raisons ont été évoquées, à savoir une inflammation persistante et une surcharge d’adrénaline, cette hormone à effet vasoconstricteur étant libérée lorsque les personnes souffrant d’apnée du sommeil se réveillent pendant la nuit.

Le diagnostic
Le dépistage de la dysfonction endothéliale n’est pas aussi simple que la vérification du taux de cholestérol, ni aussi contraignant qu’une coloscopie. Il s’effectue à l’aide d’un appareil appelé Endo-PAT 2000. Deux sondes placées sur les index des deux mains assurent un suivi du flux sanguin normal. On place ensuite un brassard au-dessus de l’avant-bras et on le gonfle pour provoquer une occlusion de l’artère profonde du bras (brachiale) pendant cinq minutes. Lorsque le brassard est retiré, les sondes mesurent les changements relatifs à la quantité de sang pompé à chaque pulsation : on obtient ainsi une indication de la capacité de dilatation des vaisseaux sanguins. Comme ce test est effectué automatiquement par ordinateur, il est indépendant du niveau de maîtrise de l’opérateur : les résultats obtenus présentent donc une fiabilité exceptionnelle, précisent les chercheurs de l’université Penn State. Contactez l’établissement hospitalier le plus proche de chez vous pour savoir s’il dispose du système Endo-PAT.

Demain, nous verrons la suite de ce dossier !

——————
Et n’oubliez pas :
– Sexe ou pas ?
– Ne vous laissez plus dominer par la peur
– Soignez vos cheveux