Parker Cote
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Coach personnel et mannequin pour de nombreux magazines de musculation, Parker Cote a une approche personnelle de la forme, qui privilégie le bien-être et la santé sur l’excès. Un modèle à suivre.

Entretien avec Parker Cote

En quoi consiste ton travail ?

Il y a environ 3 ans, j’ai ouvert une salle de musculation privée à Boston. J’avais peur car je l’ai ouverte sans avoir aucun client, alors que j’avais le loyer à payer et tous les coûts qui vont avec. Mais j’ai pu designer le studio d’entraînement moi-même, avoir tout l’équipement dont je rêvais, car j’aime bien avoir des machines originales que l’on ne voit pas ailleurs pour changer un peu la routine. Je fais donc des sessions de coaching personnalisé d’une heure avec mes clients et je prends beaucoup de plaisir. J’ai cru en ma passion pour le fitness et en ce que j’avais à offrir aux gens et ça a marché.

Peux-tu nous parler de cette passion justement ? Comment en es-tu arrivé là ?

Quand j’avais 8 ans, j’ai commencé à faire de la lutte et je me suis habitué à une certaine discipline, à être consistant et à tout simplement vouloir être en forme. Je me suis naturellement tourné vers le fitness à l’époque du lycée et j’ai commencé à m’entraîner comme je le fais aujourd’hui. Je me rappellerai toujours de mon premier véritable entraînement : en première année, je n’avais pas été invité à une soirée et j’étais déprimé, et mon grand frère est venu dans ma chambre et m’a dit : « Viens, on va s’entraîner ! » Au début, j’étais hésitant  et il a fini par me convaincre. Et dès que j’ai commencé à toucher les haltères et à ressentir les sensations de l’entraînement, je suis tombé amoureux de la discipline.

« Je me sens toujours mieux après m’être entraîné, et je ne pourrais pas vivre autrement. »

Tu avais un modèle à tes débuts ?

Oui, j’ai acheté plein de bouquins sur Arnold Schwarzenegger, mais aussi une encyclopédie du bodybuilding et tous les magazines Men’s Fitness et Muscle & Fitness que je trouvais. Je restais éveillé tard le soir à lire tout ce que je pouvais, à apprendre autant que possible. Au début c’était un moyen pour moi de me déstresser et de prendre confiance en moi. Mais aujourd’hui cela fait partie intégrante de mon quotidien, je me sens toujours mieux après m’être entraîné, et je ne pourrais pas vivre autrement.

Comment es-tu devenu modèle photo pour les magazines ?

Comme je l’ai dit, les magazines étaient ma première source d’informations, et j’avais envie de faire comme les mecs en couverture pour qui j’avais beaucoup d’admiration. Vers 21 ans, j’ai fait des recherches pour savoir qui étaient les photographes qui travaillaient pour ces magazines et je me suis envolé pour Long Beach, en Californie, pour faire mon premier photoshoot avec Andre DeLoach. Ensuite, pendant deux ans, j’ai continué à travailler avec plusieurs photographes que je respectais énormément et j’envoyais mes photos aux magazines, mais je n’avais pas de réponses positives. Un jour, j’ai dit à un magazine que j’étais prêt à écrire des articles pour eux gratuitement pendant 6 mois s’ils me donnaient l’opportunité d’être en couverture. Et ils ont accepté.

Depuis, tu as fait de nombreuses couvertures. Pourquoi faire ces photos ? Une question d’ego ?

J’ai effectivement continué de contacter les magazines que j’appréciais et j’ai eu de plus en plus de couvertures. J’ai ensuite signé avec des agences à New York, Los Angeles et Boston qui me permettaient de faire des photoshoots pour des programmes d’entraînement de magazines et des publicités. Mais ce que j’essaye de faire aujourd’hui, à travers mes photos et mes couvertures, c’est de motiver et d’inspirer des jeunes comme j’ai pu l’être il y a 15 ans.

« Il ne faut pas aller dans les extrêmes. Il suffit d’être consistant et efficace. »

As-tu des conseils à donner aux jeunes qui veulent faire comme toi et travailler avec des magazines ?

Un photographe m’a dit il y a longtemps que tout se jouait sur l’attitude et le comportement avec les gens. Il faut être reconnaissant des opportunités qui se présentent à toi. Si tu attends que les choses viennent à toi ou que sous prétexte que tu as un beau physique tu devrais être en couverture d’un magazine, ce n’est pas professionnel et c’est le meilleur moyen pour ne pas réussir. Donc il faut avoir une mentalité positive, être bon et sympathique avec les personnes avec qui on peut être amené à travailler. Par exemple sur un shooting, aider le photographe avec la lumière, se mettre au service de l’équipe et ne surtout pas se sentir supérieur à qui que ce soit. Il faut aussi être prêt à recevoir des refus, à essuyer des échecs, même si cela peut être parfois très difficile à accepter. Mais si tu travailles dur et que tu éprouves de la gratitude, il n’y a pas de raison de ne pas y arriver.

Que peux-tu dire aux gens qui ont peur de commencer à s’entraîner, qui sont découragés avant même d’avoir commencé ?

Commencez en douceur ! Il faut être patient. On est dans une société où tout est dans l’instantanéité, on attend des résultats du jour au lendemain. Les gens sont habitués à avoir tout rapidement, or le fitness n’est pas quelque chose où les résultats arrivent en un claquement de doigts. La construction d’un corps est un processus très progressif. Il faut être assidu et attendre au moins 6 mois avant de commencer à évaluer ses progrès. Si vous avez peur d’aller à la salle, commencez chez vous, apprenez les bases dans les magazines ; c’est comme ça que j’ai commencé. Et enfin, limitez-vous à une ou deux sources d’informations seulement. Aujourd’hui, on peut lire tout et son contraire sur internet et cela peut rapidement porter à confusion. Il y a tellement de chaînes Youtube, de sites internet, c’est affolant… Quand j’ai commencé, je ne prenais de conseils que de personnes ayant à la fois un bon physique et un diplôme.

Pourquoi les deux ?

Parce que quelqu’un qui a juste un bon physique peut très bien avoir une génétique favorable et s’entraîner n’importe comment ou donner des conseils qui ne t’aideront absolument pas. Et se contenter d’un diplôme sans s’entraîner pose également problème car on apprend énormément grâce à la pratique et à l’expérience.

Est-ce difficile d’être coach aux USA ? La concurrence doit être terrible ?

Il faut avoir sa propre approche et ne pas vouloir imiter une méthode en particulier. Par exemple je n’ai jamais assisté une seule fois à une séance de coaching particulier effectuée par un autre coach. Je n’ai pas eu de mentor qui m’a expliqué comment coacher. J’ai tout simplement mon propre style de coaching, et c’est peut être ce qui me distingue de la concurrence. En étant soi-même, il est possible de trouver une niche qui va intéresser les gens parce qu’ils s’identifient à ce que tu proposes.

Quelle est ta philosophie de l’entraînement justement ?

Les gens pensent souvent que quelqu’un qui a un bon physique, avec une certaine masse musculaire, s’entraîne 5h par jour. Alors qu’en fait, le moins tu en fais, le plus ce sera efficace. C’est applicable dans une certaine mesure, évidemment, mais ce que je veux dire c’est qu’il ne faut pas aller dans les extrêmes. Il suffit d’être consistant et efficace.

Et toi, comment es-tu « consistant et efficace » ?

Je m’entraîne tous les matins, c’est la première chose que je fais pour bien débuter la journée. Il y a quelques années, je me suis rendu compte que j’avais pris du poids et que je n’étais pas là où je voulais en termes de forme et de physique. J’ai donc fait le point sur ma situation et sur ce que je voulais atteindre, et changer mon horaire d’entraînement au matin a été la meilleure décision possible. Quant à mes programmes d’entraînement, je choisis toujours cinq paires de deux exercices que j’effectue en superset, quel que soit le groupe musculaire que je travaille. C’est super efficace pour augmenter le volume d’entraînement et mes séances ne durent qu’une heure environ. Mais le meilleure conseil que je peux donner aux personnes qui se cherchent encore au niveau de l’entraînement, c’est d’éviter les extrêmes, ça ne sert à rien de s’infliger une diète hardcore ou des heures d’entraînement tous les jours s’il n’y a pas un objectif précis, comme une compétition par exemple. Si tu te restreins trop, tu ne pourras jamais tenir sur le long terme. Il faut aimer ce que l’on fait, c’est le meilleur moyen de progresser.

Et avant un shooting ?

Je fais attention à ce que je mange, évidemment, mais c’est tout, je ne coupe pas l’eau ou les glucides par exemple.

As-tu déjà fait une compétition ?

Non, mais j’y ai beaucoup pensé. Comme je disais, j’ai toujours admiré les mecs sur les couvertures de magazines et je voulais être comme eux étant jeune. Il y a 10 ans, tu étais obligé de faire des compétitions pour être repéré, mais maintenant ce n’est plus le cas, et j’ai réussi par un autre chemin. Mais en même temps, c’est vrai qu’aujourd’hui, ça ne me déplairait pas d’essayer. C’est quelque chose qui me titille un peu…