Qualité sperme
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Une étude réalisée sur les oiseaux démontre que la qualité du sperme (en termes de fertilité) dépend de plusieurs qualités du mâle. Dans une étude récente publiée dans Behavioral Ecology, les chercheurs on démontré qu’un bon sperme n’est pas toujours de même composition chez les oiseaux mâles. Que les spermatozoïdes aient un flagelle (sorte de fouet ou de queue qui permet la mobilité des cellules) long ou court, ils peuvent être d’excellente qualité.

Le bon sperme est une affaire globale

Fonder une grande famille peut être une entreprise difficile dans la nature. Si vous êtes un oiseau mâle, il faut travailler dur pour s’approprier un territoire, trouver de la nourriture pour les poussins et convaincre une femelle par votre beauté et votre aptitude à nourrir la progéniture en devenir. Mais trouver un partenaire sexuel n’est pas une fin en soi, il faut assurer la descendance ! Pour cela, il faut de bons spermatozoïdes et donc, un sperme assez fertile pour féconder en masse, mais ce n’est pas tout. Ce sperme doit être meilleur que le sperme des rivaux potentiels. C’est une lutte permanente dans la nature, car les femelles qui ne veulent pas mettre tous leurs œufs dans le même panier pourraient trouver avantageux d’avoir une certaine variation génétique parmi leurs petits. Il n’est pas toujours facile de déterminer ce qui fait mâle attrayant, et il est encore plus difficile de mesurer ce qui fait un bon sperme. Et ces deux composantes importantes du succès de la fertilisation sont souvent mesurées séparément et il est difficile d’établir le lien entre les deux.

Le sperme diffère, pas la qualité

Des chercheurs ont étudié des Gobemouche à collier (petits oiseaux noirs et blancs) en capturant près de 120 mâles différents pendant 4 ans, en mesurant leur zone frontale blanche (utilisée pour attirer les femelles), leur morphologie spermatique et leur paternité, définie par le nombre de poussins issus de ces mâles. L’équipe a constaté que les différentes catégories de mâles ont une morphologie de sperme différente. Et ce, selon qu’ils parviennent à sécuriser un territoire et qu’ils ont un partenaire social, mais aussi selon leur âge et leur attractivité. Les chercheurs ont fait une découverte plus qu’intéressante : le type de sperme qui leur permet de maximiser le nombre d’oisillons est différent selon les types de mâles. Les mâles qui ont de petites taches frontales et sont donc moins dominants et moins attrayants, bénéficient de spermatozoïdes longs. On suppose alors que c’est parce qu’ils sont plus exposés à la compétition, et que les spermatozoïdes longs sont susceptibles de nager plus vite et d’atteindre l’œuf en premier.

Alors plus c’est long, plus c’est bon ?

Non, pas forcément ! Pour les mâles plus attrayants, c’est tout le contraire. Ils ont des spermatozoïdes plus petits et ont plus d’œufs dans leur nid. « De nombreuses études ont tenté d’établir un lien entre l’attractivité et la qualité du sperme, en essayant de déterminer si les mâles  » plus sexy  » étaient dotés d’un sperme de meilleure qualité. Et d’une étude à l’autre, les résultats ont été très variables, » explique l’auteur de l’étude, Murielle Alund. « Notre étude montre qu’un bon sperme peut dépendre soit de l’attractivité, de la compétitivité ou du caractère des individus. » Donc il n’y a pas un type de bon sperme en termes de fertilisation. Et comme la longueur des spermatozoïdes varie en efficacité selon les espèces, il suffit juste de trouver la bonne femelle !