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Ces développements essentiels dans la science de la cardio aideront votre sang à circuler mieux que jamais

Êtes-vous condamné à avoir une maladie du cœur ? Étant donné que c’est la cause de mortalité la plus fréquente chez les hommes, on vous pardonnera d’y penser autant. Mais c’est absurde. La science a mis au point des méthodes très sûres, non seulement pour traiter un cœur en mauvais état, mais aussi pour prévenir les maladies cardiaques. Et la recherche enrichit chaque jour la somme de nos connaissances sur le sujet.

Notre conseil ? Adoptez ses sages recommandations. Soixante pour cent des jeunes adultes qui le font – en s’alimentant bien, en faisant de l’exercice, en surveillant leur indice de masse corporelle (IMC), en évitant de fumer et en buvant modérément – ont peu de chances de développer une maladie cardio-vasculaire jusqu’au milieu de leur vie, selon une étude récente de la Northwestern University. Quant aux personnes qui négligent ces règles de base, elles sont moins de 5 % à se maintenir dans la catégorie à faible risque. « Votre environnement et les choix que vous faites ont davantage d’impact sur votre taux de risque que l’hérédité », déclare l’auteur de l’étude, Donald Lloyd-Jones, directeur du département de médecine préventive de la Northwestern University. Nous avons pris le pouls de la recherche afin de découvrir quelles étaient les nouvelles approches à même d’améliorer votre santé cardio-vasculaire. Suivez les conseils de nos spécialistes, et vous ferez vous aussi partie des membres à vie du club des personnes à faible risque.

Point de départ : Évaluez vos risques

Au siècle dernier, des chercheurs ont commencé à essayer de prévoir les risques de maladie cardiaque en recourant à des chiffres-clés. Le modèle de Framingham – un algorithme qui intègre votre âge, votre pression artérielle, votre taux de cholestérol et d’autres données chiffrées – demeure un outil prédictif largement utilisé. Il est important d’avoir au moins une idée des risques que vous courez.

Nouvelle règle : Élargir l’équation

La recherche actuelle tend à suggérer que le modèle de Framingham présente certaines limites : il ne prend pas en compte l’histoire familiale, le mode de vie et l’indice de masse corporelle. Et selon une récente étude publiée dans la revue BMC Medicine, environ un tiers des maladies cardiaques se déclarent chez des sujets rangés dans la catégorie à faible risque par les modèles prédictifs ordinaires. Par conséquent, si vous recourez à l’outil en ligne, n’ayez pas une confiance aveugle dans ses résultats jusqu’à ce que vous et votre médecin ayez entièrement analysé votre histoire et toutes vos mauvaises habitudes, comme fumer ou boire avec excès. De plus, faites attention au modèle de Framingham que vous utilisez. Il en existe une version simplifiée et une version plus complexe. Le docteur Steinman et ses collègues ont montré que la méthode simplifiée était la moins exacte : elle classait 17 % des hommes dans des catégories de traitement différentes de celles dans lesquelles ils auraient été rangés si la version complexe avait été utilisée. « Pour certains sujets limites, ça peut faire une différence quant à l’agressivité de leur traitement », explique le docteur Steinman.

Point de départ : Entraînez-vous par intervalles 

Nager, courir, faire du vélo : tout cela est excellent pour votre cœur. Et insérer des périodes de travail cardiaque super dur dans votre programme de cardio (c’est-à-dire d’entraînement par intervalles, au cours duquel vous atteignez plus de 90 % de votre fréquence cardiaque maximale) renforce l’efficacité de votre cœur au fil du temps. « Vous forcez les mitochondries présentes dans vos cellules à fonctionner et à s’adapter à un niveau plus élevé », explique Conrad Earnest, directeur de biologie du sport au Centre de recherche biomédicale Pennington à Bâton-Rouge, en Louisiane. L’entraînement par intervalles stimule votre débit cardiaque ainsi que son efficacité, laquelle se mesure à travers le pic de consommation d’oxygène, ou VO2 max. Ses effets sont énormes : après s’être entraînés par intervalles, les participants d’une étude ont vu une amélioration de 23 % de leur débit cardiaque et une augmentation de 17 % de leur VO2 max. « Quelqu’un ayant un VO2 max plus élevé tend à être moins exposé aux maladies métaboliques et cardiaques », explique le docteur Earnest.

Nouvelle règle : Recourez aussi au poids

« Vous pouvez profiter de bénéfices cardiaques supplémentaires en incorporant un entraînement d’endurance à votre programme ordinaire », conseille Conrad Earnest. Soulever des poids peut améliorer la circulation sanguine vers vos extrémités, ce qui diminue la charge de travail de votre cœur. L’étude montre également que la baisse de pression artérielle post-entraînement tend à durer plus longtemps après une séance de musculation qu’après un exercice de cardio. Les chercheurs pensent que l’amélioration de la circulation sanguine pourrait être le résultat d’une stimulation de la fonction endothéliale, mesure de la bonne santé de vos vaisseaux sanguins. Dans la salle de musculation, optez pour un circuit au cours duquel vous faites travailler en alternance différents groupes de muscles avec un minimum de repos entre chaque exercice. « L’entraînement en circuit d’exercices tend à offrir une réponse circulatoire plus large », raconte le docteur Earnest.

Point de départ : Faites baisser votre cholestérol grâce aux fibres

L’avoine, l’orge et le psyllium sont riches en fibres solubles qui peuvent aider à réduire votre taux de cholestérol. L’orge et l’avoine contiennent des bêta-glucanes, des fibres solubles pouvant contribuer à faire baisser votre mauvais cholestérol (LDL) en l’empêchant d’être absorbé dans le sang. Le psyllium, que l’on trouve sous forme de céréales et de compléments en fibres, peut diminuer votre taux de LDL en provoquant une hausse de la sécrétion de bile, ce fluide digestif dans lequel le cholestérol est transformé.

Nouvelle règle : Mangez des tomates

D’accord, peut-être pas avec vos flocons d’avoine. Mais buvez chaque jour un verre de jus de tomates : c’est plein de lycopènes, un nutriment capable de réduire votre production de cholestérol LDL. Des personnes ayant bu un verre et demi de jus de tomates et mangé deux cuillerées à soupe de ketchup par jour pendant trois semaines ont vu en moyenne leur taux de LDL baisser de 8,5 %, d’après une étude publiée dans le British Journal of Nutrition. Assurez-vous de choisir du jus de tomates et du ketchup pauvres en sel, le sodium étant susceptible de faire grimper votre tension.

Point de départ : Surveillez votre stress

Ce job de soixante heures par semaine qui est le vôtre peut vous expédier aux urgences. Dans une étude parue dans le journal Stress, des chercheurs ont mesuré le taux de cortisol, l’hormone du stress, présent dans des échantillons de cheveux prélevés sur 56 hommes ayant été hospitalisés pour une crise cardiaque et sur 56 autres l’ayant été pour d’autres raisons. Au cours des trois mois précédant le test, les victimes de crise cardiaque présentaient des taux de cortisol supérieurs d’un tiers à ceux du groupe de contrôle. « Nous vivons dans un monde hautement stressant, déclare John Ratey, un professeur clinicien associé en psychiatrie à l’école de médecine Harvard. Les gens veulent en faire toujours plus. » Si le stress vous fait tourner la tête, grimpez et descendez une petite volée de marches trois fois de suite, suggère-t-il. Cet exercice va diffuser un cocktail de substances chimiques relaxantes dans votre cerveau, de sorte que vous serez plus concentré quand vous retournerez vous asseoir à votre bureau.

Nouvelle règle : Chassez la déprime

Le stress peut tuer, mais la dépression aussi. Après avoir étudié des jumeaux ayant des prédispositions génétiques à la dépression et aux maladies du cœur, des chercheurs de la Washington University de Saint-Louis en ont conclu que la dépression – passée ou présente – augmentait davantage le risque de développer une maladie cardiaque que les facteurs génétiques ou environnementaux. « Il est possible que le risque le plus élevé provienne de l’inflammation que certains désordres mentaux peuvent provoquer », explique le conseiller de Men’s Health, Prediman K. Shah, directeur de la division de cardiologie du Centre de recherche Oppenheimer sur l’athérosclérose (Centre médical Cedars-Sinai). Venez en aide à votre tête et vous aiderez peut-être votre cœur. Les gens qui prennent des ISRS, une classe d’antidépresseurs, montrent une amélioration de leur circulation sanguine, résultat d’un ralentissement de l’agglomération des plaquettes, selon une étude réalisée par le Centre médical de l’université Loyola à Chicago.

Point de départ : Faites un test sanguin

La prescription de statines est la règle d’or pour réduire le cholestérol. Pour les personnes présentant un risque de maladie cardio-vasculaire, les statines peuvent faire baisser le risque de crise cardiaque d’environ 30 %, suivant une étude parue dans le British Medical Journal. Ce point est déterminant quand on commence à avoir besoin de prendre des pilules. « Pour les sujets présentant un taux de cholestérol limite, la situation est sombre », dit Michael Blaha, un cardiologue de l’université Johns Hopkins. De nombreux médecins utilisent un test sanguin qui mesure la protéine C-réactive (CRP), un marqueur inflammatoire, pour favoriser la prise de décision finale. Votre corps produit plus de CRP quand il y a une inflammation, laquelle peut être provoquée par l’accumulation de plaques dans vos artères. Et un taux élevé de cholestérol pourrait bien en être le coupable.

Nouvelle règle : Pensez aussi à la Tomographie

Le problème avec le test de CRP, c’est que le cholestérol peut très bien ne pas être la seule cause d’inflammation, ni même sa cause principale. L’arthrite ou une infection des sinus, par exemple, peuvent elles aussi provoquer une inflammation interne, déclare le docteur Blaha. Une étude qu’il a cosignée montre que, si vous avez un taux de cholestérol limite et un taux de CRP élevé, vous feriez bien d’envisager une autre alternative : une tomographie. Cet examen peut éliminer la suspicion d’athérosclérose en permettant à votre médecin de voir si l’accumulation de la plaque artérielle est un problème ou non. L’étude conclut que de nombreux patients à qui l’on avait prescrit des statines en raison d’un taux de CRP élevé n’avaient peut-être pas besoin de médicaments. Si votre médecin en vient, finalement, à vous prescrire des statines, il se peut qu’il vous accorde six mois pour réduire votre cholestérol avant de rédiger son ordonnance. Si tel est le cas, reportez-vous aux stratégies de réduction du cholestérol précédemment décrites dans cet article et faites votre possible pour réduire son niveau sans recourir à un traitement médical.

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