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Courez avec votre chien

Fiable, fidèle et généreux dans l’effort. Le meilleur ami de l’homme l’est aussi du runner. Une fois entrainé, dressé et nourri correctement, le chien est un compagnon de course idéal. Le docteur Caroline de la Roche, de la clinique vétérinaire de Vermenton, vous livre de précieux conseils pour prépare votre coureur à quatre pattes

Faire de l’exercice avec son chien serait non seulement motivant mais aussi bénéfique en termes de santé. Une étude récente de l’université Missouri-Columbia révèle qu’avoir un animal domestique encourage les propriétaires à être plus actifs. Voici les règles à suivre pour faire de votre fidèle compagnon un athlète hors pair, capable de vous suivre dans votre course à la performance !

Alimentation

« Le plat de pâtes du jogger, ça ne marche pas du tout chez le chien qui n’a pas la même assimilation des sucres lents. Le chien va davantage métaboliser les graisses, les acides gras. » Autrement dit, une pasta party va épuiser votre animal. Incapable d’ingérer le plat, « il va utiliser son oxygène de façon excessive et se retrouver très essoufflé ». La solution ? Des sucres plus rapides, sans oublier de « lui donner des acides gras, et les bons : huile de colza, omégas 3 et 6, huile de poisson. Cela a une action anti- inflammatoire et renforcera ses cartilages. S’il a un coup de barre, il faut utiliser l’huile de coprah ». La veille d’une sortie ou d’une course, il faut donner au chien sportif du gras à moudre.

À l’approche de l’effort, on préférera les repas concentrés, constitués de petites doses. Enfin, le matin même de la course, la vétérinaire insiste, la portion doit être minimale. « Il faut lui donner un tiers de sa portion habituelle avant de partir. Un trop gros volume crée des torsions d’estomac. Certains chiens peuvent se retourner l’estomac, et c’est la mort quasi assurée. »

Entraînement

Côté physique, il faut augmenter la fréquence d’entraînements progressivement, de trois séances par semaine à quatre, puis à cinq, en allongeant la durée des sessions, au fil du temps.       Et portez une grande attention à la récupération de l’animal. Les plages doivent être nombreuses, insiste le docteur De la Roche. « Il faut le faire marcher d’un pas rapide durant un quart d’heure, puis laisser reposer ses muscles, avant de redémarrer. » Durant la séance, l’animal, comme son maître, se déshydrate.

« Il ne faut pas oublier de faire boire le chien. Un chien boit 30 ml par kilo en vingt-quatre heures. On multiplie ce volume par trois quand l’animal fait de l’exercice. Un chien de 10 kg va donc boire 900 ml pendant l’exercice. » Enfin, après la séance, le chien a lui aussi droit à son décrassage, pour « évacuer l’acide lactique. L’idéal serait de lui prodiguer des massages, même si cela se fait rarement. L’été, on peut marcher dans l’eau avec lui, en lac ou en cours d’eau. Ça ne fera pas de mal aux mollets du coureur de l’accompagner ».

Dressage

Reste maintenant à faire comprendre à votre gentil compagnon l’intérêt du parcours rectiligne. On le lit sur de nombreux forums : Rex, tenu en laisse, ne comprend pas qu’il doit passer du même côté du panneau que son maître. Laissé en liberté, il va à gauche, à droite, mais pas souvent droit devant.

Que faire ? La vétérinaire n’y va pas par quatre chemins : « Un chien, ça s’éduque, un peu comme un enfant. Sauf que lui marche uniquement à la récompense et pas à la punition. Le but d’un chien, c’est de faire plaisir à son maître. Il faut donc lui faire comprendre qu’il fait plaisir. » Jusqu’à quatre ou cinq mois, un chien revient toujours vers son maître. Il a peur, le maître fait office de figure maternelle, il n’ose pas trop s’en éloigner. C’est le moment pour lui faire « faire des explorations en étoile, avant sept ou huit mois. On augmente la distance, peu à peu, avec la chaîne. Ensuite, on lui fait comprendre les ordres “au pied”, “ici”… Quand le chien revient, il faut lui donner une récompense : un sucre à chaque fois, puis une fois sur deux, puis plus du tout ». Le dressage par un professionnel n’est pas forcément la panacée : un chien qui obéit au dresseur n’obéit pas forcément au maître. On conseillera donc aux motivés de la course avec animal de prendre une bête jeune et de la dresser eux-mêmes, en trouvant leurs propres mots d’ordre.

Les exercices à suivre sont assez simples. « Au pas de course, on court autour d’arbres alignés, en faisant un slalom. On donne un coup sec sur la laisse pour le dégager quand il va dans la mauvaise direction. Il va finir par comprendre ce qui est correct. »

On suivra pour ce faire des séances courtes, trois minutes seulement, mais régulières et fréquentes : une fois le matin, une fois l’après-midi. Une fois votre compagnon formé à l’exercice, vous aurez gagné un comparse d’entraînement fidèle et enthousiaste. À vous la performance, voire la compétition à deux !.