Discipline en vogue, l’escalade de glace a fait partie des sports en démonstration aux jeux olympiques de sotchi. Zoom sur une discipline qui offre des sensations à tous !

Méduses, cigares et choux-fleurs
À la cascade du Lombard, à Aiguilles-en-Queyras, un ingénieux système de pulvérisation d’eau permet la formation de structures de glace idéales pour s’aguerrir. Les habitués, comme Guillaume Vallot, photographe et alpiniste, parle de « méduses », « cigares », « pétales » ou de « choux-fleurs ». Des formes et des combinaisons toutes aussi différentes qu’éphémères. Voie ouverte à la poésie et à la réflexion !
Les broches sont vissées dans la paroi, la corde déroulée et nouée en huit. Dernières vérifications au pied de la voie : y a-t-il une cordée dans le passage ? Non. Quelle est la physionomie de la glace ? Bonne. Autres risques visibles ? Non. La météo est clémente. L’ascension peut donc commencer, casque sur la tête.
« La glace est un élément mouvant qu’il faut apprendre à appréhender et à manœuvrer. Même à un niveau quasi débutant, il faut observer le terrain, regarder au-dessus de soi, toujours lever les yeux et te demander s’il n’y a pas une stalactite qui va se décrocher ou une avalanche prête à se déclencher », détaille Jeff Mercier. Plus facile à dire qu’à faire, une fois lancé…

Progresser à moindre effort
Car, de façon inconsciente, le débutant a tendance à se coller à la paroi, n’ayant confiance ni en ses crampons, ni en la résistance de la glace sous son poids. Vision du terrain d’ascension limitée et efforts décuplés pour grimper. S’en remettre aux indications de son partenaire, resté sur le plancher des vaches, ne suffit pas. Impossible d’apercevoir l’escalier (paliers naturellement creusés dans la glace) ou l’anfractuosité de la glace qui permettrait de s’économiser. Du coup, seconde erreur, on sur-utilise ses bras pour assurer sa stabilité. Et comme les bras sont déjà extrêmement sollicités par les mouvements de frappe répétés pour ancrer le piolet, alors qu’il est possible de crocheter (c’est-à-dire de glisser la lame dans un trou ou dans une encoche déjà faite pour s’économiser), on fatigue vite !
La position de progression la plus reposante, explique Cyrille Copier, guide de haute montagne, consiste à avancer jambes écartées d’un peu plus que de la largeur des épaules, talons vers le bas, bras tendus dans le prolongement du corps. L’objectif étant d’avoir toujours trois ancrages en place simultanément : bras droit, bras gauche, jambe droit pendant que la jambe gauche monte, par exemple. Éloge de la lenteur !
À chaque coup de piolet, des éclats de glace jaillissent. Plus elle est transparente et homogène, mieux elle explose. Tranchant. Mieux vaut rester vigilant. Et écouter. Son partenaire. La sonorité produite par la pénétration du piolet de la lame. Et la nature aux bruits atténués par la neige. Sens en alerte. Et sensations au rendez- vous. À tester, au moins une fois.