Stack of 50 Euro notes released from chains.

Comme des millions de Français, vous confiez chaque mois votre salaire à votre banquier. À charge pour lui de conserver cet argent, de le protéger, de le tenir à votre disposition, voire de le faire fructifier. Mais ces services ne sont pas gratuits ! Ils peuvent même se chiffrer en centaines d’euros en cas de découverts répétés. Petits guide pour réduire la facture, simplement.

 

Ouvrez votre courrier !

Il est de votre responsabilité de vérifier les relevés de comptes que vous envoie votre banque et de consulter votre compte aussi régulièrement que possible. « Parfois, les clients ouvrent leur courrier le 25 du mois et s’aperçoivent que la banque leur a facturé toute une liste
de frais. Ce n’est pas une attitude responsable », déplore Sylvie Badin, présidente de l’Association contre les abus des banques européennes (Acabe). Cette vigilance est d’autant plus importante que la banque est le seul prestataire de services autorisé à prélever des sommes sur le compte du client sans accord, ni même sans lui remettre préalablement de facture.

Heureusement, il existe des moyens de suivre précisément les frais qui vous sont débités. Sachez que, depuis le 1er juillet 2011, les établissements bancaires ont l’obligation légale de vous notifier tous les mois le montant total des frais liés à la gestion de votre compte. Notez que rien ne les oblige à détailler ce relevé mensuel. Votre banque doit également vous adresser un récapitulatif annuel des frais prélevés pour la gestion de votre compte, lequel doit être détaillé. Vous devez normalement recevoir ce document au mois de janvier. Il doit comporter un sous-total par catégorie de produits ou services liés à la gestion du compte et leur nombre. Les agios, le cas échéant, doivent également être notifiés dans ce récapitulatif.

 

La plaquette tarifaire, qu’est-ce que c’est ?

Outre les courriers que vous recevez, vous pouvez également utiliser la plaquette tarifaire de votre établissement pour vérifier les tarifs qu’il pratique et, éventuellement, les comparer à ceux de la concurrence. Votre banque a l’obligation de tenir ce document à votre disposition en agence. Il regroupe les services les plus fréquemment utilisés : offres de cartes de paiement, retraits en liquide à l’étranger, etc. Si vous ne souhaitez pas vous déplacer en agence, vous devriez trouver le document sur le site Internet de votre banque.

Gardez à l’esprit que les tarifs bancaires sont susceptibles d’être révisés tous les ans. Deux mois avant l’application des nouveaux tarifs, vous devez recevoir par courrier un extrait de ces tarifs. Le nouveau tarif sera considéré comme accepté sans réaction de votre part dans un délai de deux mois. Si vous contestez ces nouveaux tarifs, vous pouvez demander la résiliation de la convention de compte et la clôture de votre compte sans frais.

La carte bancaire : un outil à manier avec précaution

Une fois que vous avez déterminé combien la gestion de vos comptes bancaires vous coûte chaque mois, vous allez pouvoir vous attaquer à la réduction de votre facture. Pour ce faire, commencez par vous attaquer à votre carte bancaire. Rappelez-vous que, même si elle est souvent proposée
gratuitement pour quelques mois à l’ouverture d’un compte, une carte finit presque toujours par être facturée par la banque.  Avez-vous besoin de plusieurs carte de crédits ? Épluchez vos relevés, vérifiez dans quelles circonstances vous l’utilisez et n’hésitez pas à résilier celle(s) que vous jugez superflue(s). Dans tous les cas, préférez les cartes à débit immédiat, généralement moins coûteuses que celles qui vous proposent un débit différé.

Une fois que vous aurez fait le ménage dans votre portefeuille, analysez aussi vos habitudes par rapport à ce petit rectangle
de plastique. N’oubliez pas que la plupart des banques facturent les retraits dans les établissements concurrents. Pour éviter de faire monter votre note, il vaut donc mieux effectuer moins de retraits, mais retirer des sommes importantes – sans oublier bien sûr les règles de sécurité élémentaires. Lorsque vous voyagez dans des pays de la zone euro, retirez en France avant votre voyage le montant que vous pensez dépenser, plutôt
que d’effectuer des retraits à l’étranger qui entraîneront des frais supplémentaires.

 

Ne soyez pas tête en l’air

Être étourdi peut vous coûter très cher. Aussi, sachez en permanence où vous rangez vos moyens de paiement ! Faire opposition pour la perte d’un chéquier ou d’une carte bancaire vous sera facturé par votre banque. Et si vous l’avez définitivement égarée, il faudra ensuite ajouter les coûts de fabrication d’une nouvelle carte. En cas de retraits frauduleux, la banque doit vous rembourser sur présentation d’un récépissé de dépôt de plainte, mais pourra déduire un forfait de 150 euros qui restera à votre charge.

Oublier le code de votre carte bancaire peut aussi faire grimper votre facture. Vous le savez : au bout de trois essais erronés dans un distributeur automatique, votre carte est avalée. Ces frais, qui peuvent dépasser une trentaine d’euros, sont susceptibles d’être facturés suite à cette opération. Si votre carte n’a pas été capturée par un distributeur mais que votre trou de mémoire persiste, il faudra demander à votre agence de rééditer un code. Ce service n’est pas gratuit non plus et pourra vous coûter dans certains cas plus d’une dizaine d’euros. Il peut donc être utile
de noter et de conserver votre code en lieu sûr.

 

Les packages : une fausse bonne idée

Lors d’une ouverture de compte, votre conseiller vous proposera souvent de bénéficier d’un package, qui doit en théorie vous permettre de profiter d’une série de services à un prix plus avantageux que si vous les demandiez à l’unité. Sauf exception, la plupart de ces produits ne vous serviront que très rarement. Dans le palmarès des services inutiles et coûteux, on trouve par exemple le droit de refaire sa carte bancaire tous les ans ou le fait d’émettre des chèques de banque. « Un chèque de banque sert pour acheter une voiture ou un bien immobilier, par
exemple. Or peu de gens achètent une voiture chaque année, encore moins un logement », explique Maxime Chipoy, de l’UFC-Que choisir.
Impossible de savoir combien cette possibilité vous est facturée, puisque le principe du package est de vous faire payer un forfait englobant tous les services.

Les packs incluent aussi souvent des assurances censées couvrir la perte ou le vol des moyens de paiement et la conséquence de ces vols. Or, depuis
novembre 2009, la législation française couvre beaucoup mieux ces situations. Dans la plupart des cas, l’assurance proposée par votre banque ne sert qu’à rembourser une franchise qui est la seule chose à payer après le passage de la loi.

 

Le découvert : une situation a éviter à tout prix

Un compte à découvert et tout peut déraper… Les frais facturés par votre banquier peuvent en effet atteindre des montants astronomiques. Première dépense à prendre en compte : les agios, ces intérêts qui se déclenchent dès que votre compte devient négatif ou qu’il dépasse votre découvert autorisé. Ils sont proportionnels au montant et à la durée de la période pendant laquelle votre compte est débiteur et sont soumis à un taux d’intérêt annuel qui peut varier entre 8 % et 19 %.
Notez que votre banque peut fixer librement le montant de ces agios, mais qu’elle n’a pas le droit de dépasser le taux légal maximum,
aussi appelé « taux d’usure. » Aux agios s’ajoutent les « commissions d’intervention », qui peuvent se révéler extrêmement coûteuses. Également appelées « frais de forçage », elles vous coûteront entre 5 et 10 euros à chaque opération effectuée tant que le découvert
perdure. Attention à l’effet boule de neige si vous ne créditez pas votre compte au plus vite ! Pour limiter la casse, la meilleure stratégie à adopter est d’anticiper les problèmes en négociant les modalités de votre découvert autorisé avant d’être dans le rouge. Votre banquier se montrera toujours plus
compréhensif si vous discutez avec lui alors que votre compte est encore correctement crédité.

 

Récupérer les frais, c’est possible !

Si des frais ont déjà été prélevés par votre établissement, tout n’est pas forcément perdu. Prenez rendez-vous avec votre banquier et tentez de jouer la carte de la négociation. Il sera plus facile de faire baisser certains frais si votre profil est intéressant aux yeux de votre banquier : hauts
revenus, patrimoine important, grand nombre de produits souscrits au sein de l’établissement… Sachez être diplomate : plutôt qu’entrer dans
un rapport de force, proposez par exemple de souscrire une assurance vie dans son établissement en échange d’un geste commercial. Soumettez-lui une offre qui vous semble raisonnable et proposez-lui de le laisser réfléchir quelques jours à votre solution. Après un découvert, il sera ainsi peut-être possible de récupérer soit les agios, soit les commissions, surtout si vous êtes très rarement dans le rouge.

En cas de litige (frais abusifs, erreur de la part de la banque), vous pouvez vous tourner vers des associations de consommateurs, comme l’UFC-Que choisir, ou encore l’Acabe et l’Afub (Association française des usagers des banques), spécialisées dans les abus bancaires. Ces associations disposent de lettres types pour les situations les plus fréquentes et des conseillers bénévoles pourront vous aider dans vos démarches.

 

Banques en lignes : on ne prête qu’aux riches !

Une stratégie pour faire baisser drastiquement sa facture peut être de faire migrer ses comptes vers une banque en ligne. Contrairement aux
idées reçues, ces établissements 2.0 sont parfois plus réactifs que les établissements physiques, avec des conseillers disponibles jusqu’à 22 heures. Mais le principal produit d’appel est bien sûr surtout constitué par les tarifs particulièrement compétitifs que pratiquent les banques en ligne pour drainer de nouveaux clients. Elles proposent une multitude de services gratuits : carte bancaire, assurance, retraits dans les distributeurs de banques concurrentes et parfois même commissions d’intervention en cas de découvert. « Cependant, la gratuité de ces banques est souvent subordonnée à divers facteurs », déplore Serge Maître, le porte-parole de l’Afub. « Pour y avoir accès, il faut avoir un revenu minimum, qui peut être de 1 500 euros par mois pour certains établissements. D’autres banques en ligne demandent de bloquer votre épargne à hauteur de 5 000, 10 000 ou même 15 000 euros. D’autres exigent la domiciliation de salaires », ajoute-t-il.