Antoine Vignac, caviste et gérant de L’Artnoa-Maison des vins, à Biarritz, vous livre quelques conseils judicieux pour appréhender un art de vivre très dense et vous y retrouver dans la jungle des offres.

Le premier critère indiscutable est le millésime. La grande distribution, très présente sur le créneau du vin (avec les foires aux vins, par exemple), peut s’avérer un choix intéressant. Mais il est délicat de s’y retrouver dans cette offre très large et hétérogène. De plus, les garanties de traitement (entreposage des bouteilles, manipulation, conservation, etc.) ne sont pas forcément toujours au rendez-vous. Et quand on sait qu’il s’agit là d’une garantie incontournable pour avoir un bon vin, les surprises peuvent être nombreuses.

Méfiez-vous des médailles. De nos jours, beaucoup de vins sont titulaires d’un prix ou d’une médaille. Or il s’agit de concours auxquels les producteurs payent leur participation. Dans cet état d’esprit, tous sont primés ! Les coups de cœur de guides type Hachette sont en revanche recommandables.

Savoir lire la contre-étiquette (au dos de la bouteille) n’est pas un critère galvaudé. En effet, celle-ci contient des indications importantes sur le vin qui peuvent vous aider à l’accorder à vos mets, et inversement.

Forgez-vous votre propre culture viticole. Apprenez à connaître la région, le producteur, l’histoire. Il existe des mines d’informations sur le sujet, mais rien ne remplacera une certaine passion ou curiosité. Poussez la porte de votre caviste C’est un rapport privilégié. Ce spécialiste n’est pas là pour vous faire acheter la bouteille la plus onéreuse du magasin, mais cherchera à tisser une relation de confiance avec vous, à vous connaître afin de mieux cerner vos exigences et vous proposer le vin adéquat à votre personne ou à une occasion particulière. Il sera à même de vous suggérer, crescendo, des bouteilles qui forgeront votre culture. Et, critère non négligeable, la qualité de la chaîne de conservation est au rendez-vous !

Mieux vaut consommer un vin trop frais que trop chaud. N’hésitez pas à mettre vos vins rouges quelques minutes au réfrigérateur avant de les ouvrir. Non, ce n’est pas un crime ! Certains les gardent même dans un seau à glace sur la table !

Dernier conseil : ouvrez vos vins jeunes une heure à l’avance pour qu’ils respirent un peu et se dévoilent. Amusez-vous !

Pour choisir sa bouteille, le prix n’est pas un critère de qualité. Il englobe des coûts (marketing et autres) qui dépassent la qualité propre du liquide. De même, il ne faut pas se fier à l’étiquette : « marketée », l’ambiance terroir est souvent mise en avant. En règle générale, si la bouteille est très belle et à un prix élevé, posez-vous la question de savoir si vous ne payez pas l’emballage. Synthétiquement, nous pouvons distinguer trois gammes de prix :
– De 2 à 8 euros : il s’agit d’une gamme très aléatoire recelant de bonnes et de mauvaises surprises. Là, l’expérience prévaut. Prenez des risques, vous apprendrez.
– De 8 à 15 euros : c’est la gamme la plus cohérente. L’adéquation qualité/prix est la plus juste.
– Plus de 15 euros à… très cher : les bouteilles coûteuses ne sont pas un gage de satisfaction. Ce sont vos goûts personnels qui détermineront la qualité du vin choisi. Il ne sera pas rare qu’une grande bouteille vous déçoive : elle ne correspondra pas à votre goût, votre passif, votre imaginaire… à vous, tout simplement.

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Et en attendant la suite :
– Les clés de la dégustation
– Les 3 étapes de la dégustation
– Combattez la mauvaise haleine

 

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.