Facteurs de stress
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Vous souffrez de spasmes oculaires à la vue de votre calvitie ? Vous mangez les coussins du canapé quand votre équipe perd un match ? Ce n’est pas du simple agacement. Mais plutôt du stress pur. Preuve que l’anxiété va au-delà des relations, finances, travail. En 1963 déjà, Hans Selye, professeur de biochimie à l’université française de Montréal, parlait du stress comme d’une « force potentiellement destructrice, engendrant des changements physiques ». Une étude britannique a notamment démontré que les personnes souffrant d’anxiété ont 54 % de risques en plus d’avoir des attaques ou infarctus. Et une recherche suédoise de la même année suggère que le stress peut doubler les chances d’un homme de développer un diabète.

Petits facteurs de grand stress

Nous avons interrogé 1 500 hommes pour établir jusqu’à quel point les facteurs de stress affectent leur existence. Qui aurait cru que le simple fait de partager un carnet de chèques puisse créer autant de tension ? Ou que celui de trouver du temps pour le sport puisse mettre les méninges autant à l’épreuve ? Il vous faut une stratégie intelligente pour combattre ces nuisances. Servez-vous de nos conseils d’experts et débarrassez-vous du superflu pour concentrer votre énergie sur ce qui importe vraiment : votre vie.

FACTEUR DE STRESS #1: Insécurité

Pas de surprise, le paiement des factures, la gestion des dettes, les problèmes de budget sont les plus grands facteurs d’anxiété de notre sondage. Pourtant le plus souvent, il ne s’agit pas d’argent. En effet, dans la majorité des cas, ce stress naît d’un sentiment d’insécurité financière, donc professionnelle. D’après l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité) : « 20 % des salariés européens estiment que leur santé est affectée par des problèmes de stress au travail, ce qui en fait le troisième souci de santé professionnel. » Parmi les facteurs, on relève notamment des angoisses relatives à l’instabilité de la situation de l’employé dans l’entreprise et à son absence de contrôle.

CONTRE-ATTAQUEZ : traquez les faits. Demandez des réponses aux questions qui vous perturbent. Voyez votre boss pour savoir comment il vous intègre dans les projets globaux, ou ce que vous pourriez faire pour

vous rendre utile. S’il ne semble pas sincère, insistez. Plus vous obtiendrez de réponses, plus la situation sera claire. Et plus vous gagnerez en contrôle.

FACTEUR DE STRESS #2: Calvitie

Plus de la moitié des hommes de notre étude se sentent stressés par leur image, citant leurs cheveux comme étant la principale cause. Une étude de la clinique américaine Mayo, recoupant les résultats de plusieurs recherches, démontre que la perte des cheveux affecte de manière négative les sentiments des hommes face à leur image et à leur pouvoir de séduction.

CONTRE-ATTAQUEZ : traitez le problème médicalement. Il existe diverses techniques d’implants et de greffes capillaires, à partir de 5 000 euros. Les compléments et traitements, quant à eux, entraînent parfois des effets indésirables et coûtent de 25 à 50 euros par mois, sur plusieurs décennies. Comparez les chiffres et décidez si ça en vaut la peine. Si oui, n’hésitez pas, car une éventuelle solution au problème facilite la suppression du stress.

FACTEUR DE STRESS #3: Exercice

Quelle ironie : l’exercice est un antistress célèbre. Pourtant, un tiers des interrogés indiquent que le fait de coller à un programme sportif engendre un stress égal ou supérieur à 7 sur une échelle de 10. D’abord, on angoisse de rater l’entraînement. Puis, l’anxiété refait surface pendant la séance, à la réflexion de toutes les choses à accomplir dans la même journée. « Les pensées négatives et les ruminations échappent parfois au contrôle », affirme Dominique Servant, docteur en psychiatrie à l’université Lille 2, spécialiste du stress et de l’anxiété. Or plus on rumine, plus on angoisse.

CONTRE-ATTAQUEZ : maîtrisez votre rythme respiratoire. Vous pouvez aussi contrôler votre programme sportif, en le découpant et en stimulant l’intensité.

des séances. Remplacez vos efforts routiniers par d’autres plus courts, alternés de sprints. Si vous soulevez des poids, écourtez vos pauses, passant de 1 minute à 30 secondes entre chacun des 12 sets. Vous économiserez 6 minutes. Trouvez le moyen de condenser vos autres activités : douche, cuisine, Internet… Vous avez le temps. Il suffit de le gagner.

FACTEUR DE STRESS #4: Cogérer le budget

Le stress financier est d’autant plus fort au sein d’une relation. Souvent parce que la vision des deux sexes diffère. Une recherche a démontré que les hommes ont tendance à accorder plus de valeur aux biens (maison, voiture…), alors que les femmes gonflent les dettes. Les couples ne savent pas toujours de combien ils disposent ou ne parlent pas d’argent ouvertement. « Il faut définir ensemble les priorités personnelles, conjugales et familiales. Diminuer temporairement ses attentes et planifier le budget, quitte à reporter certains projets », explique Yvon Dallaire, psychologue et auteur de Qui sont ces couples heureux ?.

CONTRE-ATTAQUEZ : prenez 15 minutes le week-end pour estimer vos revenus et vos dépenses. Faites-le séparément, puis comparez avec de récents relevés à l’appui. Si vous partagez des objectifs financiers à long terme et comprenez votre responsabilité quotidienne quant à leur réalisation, vos écarts mutuels deviendront plus faciles à accepter. La justesse et l’équilibre font chuter le stress.

FACTEUR DE STRESS #5: Équipe

Dans notre sondage, un homme sur quatre a cité l’échec de son équipe comme un stress de 7 ou plus sur 10. Des recherches prouvent que plus on s’implique dans le jeu, plus on transforme ses réactions émotionnelles en hostilité. On déchire les coussins du canapé, on se laisse submerger par la mauvaise humeur, faisant fuir amis et famille.

CONTRE-ATTAQUEZ : trouvez une page Internet qui parle de votre équipe, et crachez-y votre venin. Une étude américaine a découvert qu’après l’échec de leurs couleurs en championnat, les fans avaient une forte tendance à poster des messages agressifs. Toutefois les experts estiment l’évacuation virtuelle bénéfique. « Les blogs et forums offrent un défouloir socialement acceptable, écrit Brad Schultz, professeur et directeur de la recherche. Le langage et les attitudes peuvent être durs, mais les perdants ont ainsi la possibilité de s’apitoyer sans que personne ne soit blessé, de partager leurs expériences et de quêter la compréhension. »

FACTEUR DE STRESS #6: Pénibles

Le simple fait de vivre sa vie met en contact avec des gens ingrats, des services déplorables, et les aléas en tous genres de la société. Inutile d’essayer de les influencer, même si on estime qu’ils ne prennent pas les meilleures décisions et qu’on croit pouvoir faire mieux. Car quand on sent qu’on perd le contrôle de la situation, le stress s’installe.

CONTRE-ATTAQUEZ : ne vous laissez pas démonter. « J’observe l’incompétence tous les jours, affirme Larry Winget, consultant québécois, auteur de Les gens sont idiots et je peux le prouver. Deux choses me rassurent. D’abord, savoir qu’il m’arrive aussi d’être idiot. Ensuite, me souvenir d’une réalité : si vous donnez à quelqu’un un bout de votre âme, vous abandonnez immédiatement votre paix intérieure. Je me suis rendu fou à essayer de corriger des personnes incorrigibles et refusant de l’être. Désormais, je m’y refuse. C’est bien plus divertissant si je me contente de m’en amuser. »

Le calme du Jedi

Si l’anxiété s’est déjà installée, vous pouvez vous en libérer grâce à des exercices spirituels de réduction du stress. Vous apprendrez à observer une expérience négative sans y réagir émotionnellement.

BOUGER Vous vous sentez stressé ? Marchez un peu, sans penser à vos soucis. Concentrez-vous sur ce que vous voyez : plantes, voitures, gens.

CIBLER Si des réflexions relatives à votre anxiété s’invitent, reportez-les. Lutter avec elles ne fait que les ancrer plus profondément.

DÉTACHER Utilisez cette dernière technique pour entraîner vos méninges à observer avec détachement des événements négatifs. Contentez- vous de vous concentrer sur le problème sans vous stresser.