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Nous avons tous déjà entendu une histoire d’un sportif qui se fait contrôler positif et cela a fait plusieurs fois fait la une des médias. Mais savez vous comment s’y prennent les « sportifs » qui en prennent aussi mais ne se font pas prendre ? Comment peuvent-ils contourner le système et réussir des tests qui sont censés être à la fine pointe de la technologie ? Nous avons demandé à l’Agence mondiale antidopage (AMA) comment elle s’y prend pour essayer de démasquer les tricheurs. 

Les méthodes qu’utilisent les sportifs pour contourner les contrôles antidopage

Le Dr Thomas O’Connor, médecin spécialisé dans les effets de l’abus de stéroïdes chez les hommes, a déclaré que l’un des principaux facteurs de tricherie dans les tests de dépistage de drogues est « le timing et la façon de jouer le jeu« . « Beaucoup d’athlètes jouent avec le timing. Ils savent quand arrêter le médicament avant qu’ils ne soient testés, d’après la pharmacologie du médicament « , dit-il.

Chacune des quatre grandes ligues sportives aux US, la NBA (basket), la MLB (baseball), la NFL (football américain) et la NHL (hockey sur glace), a sa propre politique en matière de dépistage de drogues. Cependant O’Connor, connu sous le nom de « Metabolic Doc », ajoute que chacune comporte des lacunes et que le monde du body-building est largement dépourvu de tels tests.

« Pour les bodybuildeurs professionnels et les powerlifteurs, il n’y a pas de test de dépistage de drogues pour le moment », poursuit-il, citant même Arnold Schwarzenegger qui a récemment réclamé un circuit de bodybuilding sans drogue pour aider à changer cela.

Arnold parle des stéroïdes dans le bodybuilding

M. O’Connor évoque également le Whizzinator (un faux pénis et une trousse d’urine synthétique) comme une des mesures les plus extrêmes que les athlètes sont prêts à utiliser pour tromper les contrôleurs. On peut faire une recherche rapide sur Google pour trouver des « produits de masquage de test de dépistage de drogues » et trouver une multitude d’options à choisir, y compris le bien nommé PassYourDrugTest.com, qui vend de tout : des rince-bouches nettoyants et des comprimés à croquer, tous conçus pour réussir différents tests principalement pour des drogues assez légères.

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©passyourdrugtest.com

Avec des mesures aussi poussées, il est difficile pour les ligues sportives et les organisations de se déceler les vices des athlètes. Eux aussi ont dû recourir à des mesures pour compléter leurs tests traditionnels.

L’AMA (l’agence mondiale antidopage) par exemple, nous a indiqué dans un communiqué qu’elle utilise  » le Passeport biologique de l’athlète (PAB), qui surveille dans le temps certaines variables biologiques qui révèlent indirectement les effets du dopage pour découvrir les violations des règles antidopage (VAD) « .

L’AMA s’efforce également de collaborer avec les sociétés pharmaceutiques afin d’être à jour des tendances et des développements en matière de médicaments.

« Cela permet à nos experts scientifiques de mettre au point des méthodes de détection de ces substances à un stade avancé, ce qui nous donne une longueur d’avance sur les tricheurs « , ajoute le communiqué de l’AMA. « Grâce à cette collaboration, au fil des années, plusieurs athlètes ont été pris pour des médicaments encore en développement et qui ne sont même pas disponibles sur le marché pour les patients. »